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Genre : Super-Héros

Réalisateur : Kenneth Brannagh

Synopsis :

Thor, dieu du tonnerre et fils d'Odin, à été banni du royaume d'Asgard pour avoir mené une expédition guerrière secrète contre le royaume le Jotunheim. Thor se retrouve alors sur Terre, tentant désespérément de retourner vers son monde d'origine.

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Avis :

On aurait tort de bouder Thor. La bande annonce nous promettait une belle bouse héroïque, le film de Kenneth Branagh nous propose un film épique et tragique.

Thor était, de loin, l'un des films les moins attendus suite à une bande-annonce très peu convaincante, qui misait ses deniers sur un spectacle vieillot et mal fignolé. Et demeurait également le mystère de la présence de Branagh à la caméra, réalisateur pantouflard et célèbre adepte des films Shakespeariens champêtres. Pourtant, après la projection, le constat est clair : on voit mal un autre réalisateur que Branagh s'emparer de la mythologie de Thor. Car, qui mieux que ce réalisateur pouvait insuffler autant de dilemmes tragiques au plus européen des super-héros. Parricide, fils illégitime, relation fraternelle tendue et complot monarchique sont au menu de ce film plutôt inspiré quand il s'agit de dépeindre les mécanismes dramatiques d'un royaume se disloquant sous la menace d'une autre monarchie, jadis castrée de son pouvoir depuis qu'il a violé la pérennité des mondes. Ce fond de l'histoire passionne puisque renvoyant au plus classique des mécanismes narratifs, renforcé par le double jeu constant (et troublant) de Loki, demi-frère qui à bénéficié de la politique d'ouverture à la Sarkozy de papa Odin (abusivement surnommé "père de toute chose"). Et Thor dans tout cela ? Et bien c'est un guerrier rentre-dedans, arrogant et égocentrique, qui fonce tête baissé dans la boue avant de faire marcher ses deux hémisphères cérébraux. Autant vous dire que le duel moral entre Thor et son pére Odin rappelle gracieusement la guerre des influences entre une Amérique va t'en guerre et une vielle Europe des sages. Et, en bon Européen, Kenneth Branagh loue la sagesse d'esprit d'Odin, qui décide d'ailleurs d'exiler son fils sur Terre afin qu'il prenne acte de sa monumentale erreur. Une première partie plutôt bien ficelé donc, bénéficiant d'un cachet esthétique kitsch mais séduisant, ainsi qu'une belle efficacité dans la mise en place de ses enjeux et de l'action (dont un palpitant combat sur le territoire de Jotunheim).

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Puis vient le temps du bannissement pour Thor, qui se retrouve isolé dans un patelin paumé du Nouveau-Mexique. Le film perd alors un peu de son intérêt, choisissant de traiter cet exile sur le mode "Les Visiteurs chez les cul-terreux", ou la présence de Christian Clavier n'aurait pas dépareillé dans cet environnement. On est évidemment loin de la gaudriole bien grasse d'une comédie de Jean-Marie Poiret, mais Kenneth Branagh joue sur le choc comique des deux mondes, s'essayant à la comédie avec plus ou moins de réussite. Par conséquent, face à la diminution de la tension dramatique et des enjeux, le rythme de croisière se trouve amoindris. Fort heureusement, les quelques encarts consacrés à Asgard, ainsi que quelques belles scènes d'action correctement mise en scène viennent relancer la machine. Kenneth Brannagh reprend définitivement la main lors d'un imposant final, beaucoup plus généreux que celui d'Iron Man 2. Dans son ensemble, Thor tient debout grâce à une réalisation soignée (bien que les cadrages obliques à la pelle tiennent parfois plus de la fainéantise clinquante que d'une vrai recherche artistique), une majestueuse musique composée par Patrick Doyle, ainsi qu'une belle troupe d'acteurs masculin parfaitement investit, Chris Hemsworth et Tom Hiddelston en tête. Il est par contre dommage que le soin apporté à l'emballage musical et esthétique ne se retrouve pas lors des phases dialoguées, parfois quelconque (le phrasé moyenâgeux de Thor durant la partie Terrienne, la définition du marteaux par Odin digne d'un encart dans le Petit Robert), d'un mini-récit mythologique inaugural un peu confus et un casting féminin en net retrait par rapport à leurs homologues masculins.

En défintive, Thor est loin d'être une adaptation foireuse. La recherche de Branagh d'aborder ce super-héros d'un point de vue purement européen donne beaucoup de charme (et d'originalité) à son film, au demeurant correctement réalisé et interprété, mais malheureusement affublé d'une partie Terrienne vaine.