Predators_1

Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Nimrod Antal

Synopsis :

Huit mercenaires et meurtriers sont largués en pleine jungle. Il découvre très vite qu'ils font l'objet d'une chasse à l'homme par des extra-terrestre belliqueux.

Predators_2


Avis :

Il faut bien, un jour ou l'autre, repasser les classiques dans la presse à billet vert d'Hollywood. Et c'est à Predator de s'y coller, confié aux mains expertes de Robert Rodriguez.

On peut être un peu gentil avec certains films, comme Predators, parce que il y a un peu de style qui traine entre deux fougères, un peu de rythme entre deux failles de dialogues, et puis aussi parce que quelques giclées d'hémoglobine à un effet magique sur le spectateur. C'est ce qui sauve en parti les meubles de cette séquelle qui, malgré sa relative fadeur et l'absence d'ivresse, se laisse voir sans déplaisir. Robert Rodriguez, réalisateur qui s'est créer une bissotiére dorée par son mélange d'action pop-corn nanardeuse (Planete Terreur et Machete, ses deux dernières créations en tant que réalisateur) et d'humour vache, ne fait ici que produire, déléguant la lourde tâche de réalisation à Nimrod Antal, bien connu pour son sympathique Motel (et pour un Blindés qui à été largement habillé pour l'hiver par la critique). Inutile de dire donc que l'on ne s'attendait pas à une nouvelle référence du genre, juste à un film bourrin bien sympathique. Du coup, au lieu d'avoir un méli-mélo de charcutage graphique par des héros badass bien charismatiques, on se retrouve avec un sauté aux prunes avec des personnages aussi transparents que le cellophane qui entourait le boitier Bluray du film. On regrette alors vraiment "l'orgie d'hormones" de John McTiernan, les muscles saillant de Schwarzy et de Weathers, les répliques qui tailles en pièce et cette chute vers les plus bas instincts de l'homme. On regrette aussi ce que Rodriguez aurait pu faire en tant que réalisateur de ce spectacle. Ici, le film ne fait qu'aligner des figures de mercenaires, de tueurs à gage, de meurtriers, tous fringués d'une séquence "émotion" aussi longue et délicate qu'un poil de derche dans une soupe aux vermicelles : Le ruskov nous présente ses gosses, le violeur drogué nous livre ses états d'âme et le yakuza mutique sa passion pour les sabres. Pour intellectualiser un peu ce monde de brutes, qui ne jure que par de délicieuses insultes ("pétasse", "tête de con",...), Antal décide de rendre son héros principal un peu plus cultivé que la moyenne pondéré de cette bande d'huitre en lui mettant en bouche une citation de Hemingway.

Predators_3

Après nous avoir fait profité, avec une sympathique efficacité, des multiples commodités que nous offre ce magnifique Central Parc (faire son jogging en compagnie de sangliers mutants, piquer une tête dans une cascade, découvrir les uses et coutumes de nos charmants hôtes), il est temps de rencontrer un petit givré, qui ne sert strictement à rien, ci ce n'est nous expliquer que la saison de la chasse ne se déroule que du 9 au 30 Juin, et qu'il faut avoir une graine mal semer dans la boite à cerveaux pour survivre parmi les loups. Mais Laurence Fishburne, avec sa pompe à bière bien moulé dans un tee-shirt kaki, est peut être le seul qui arrive à ne pas prendre au sérieux son personnage. Pendant ce temps, Brody et ses biscoteaux en PVC continue de fermer son regard et de se regarder rouler les mécaniques et Alice Braga se la joue "femme à couilles" avec son sniper moue de la gâchette. Que dire de Topher Grâce, qui instille un mystére biblique autour d'un personnage que l'on devine tout de suite bien tordu (7 méchant + 1 gentil = une couilles dans la choucroute). Un coté badass en demi teinte, qui s'ajoute à l'absence de créativité du film : Antal repompe grossièrement le film de McTiernan (l'histoire encore plus basique, personnages moins charismatiques), les SFX sont plutôt laids (le feu est absolument horrible) et John Debney écluse la musique de Alan Silvestri sans jamais la rendre plus épique. Mais alors, Predators est nul à chier ? Pas tout à fait. Si le film n'est pas du tout inventif, il n'en reste pas moins une efficace gestion de l'action, de très beau décors (que la camera de Antal n'hésite pas à montrer sans pour autant s'y attarder) et une belle photographie (jungle opaque, multiplicité des lumières d'ambiances). Juste assez donc pour rendre ce film sympathique mais parfaitement oubliable.

Predators est donc une suite tout ce qu'il y a de plus décevante : pas d'originalité, pas de répliques cultes, pas d'acteurs qui se lâchent réellement. Il reste juste un film distrayant, sympathique et agréable à l'œil.