The_Tourist

Genre : Polar

Réalisateur : Florian Henckel Von Donnersmarck

Synopsis :

Alexander Pierce est un comptable recherché par Interpol ainsi que par la mafia russe. Elise, sa concubine, fait alors croire que Franck, touriste américain qu'elle a rencontrée lors de son voyage vers Venise, est Alexander Pierce.

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Avis :

The Tourist est un remake de Anthony Zimmer (film que je n'ai pas vu, du moins pas en entier). C'est aussi le premier essai de Florian Henckel aux Etats-Unis. Et, comme tous les autres cinéastes importés de l'Europe, il s'est étalé dans les plus grandes largeurs.

Le touriste n'est pas celui que l'on croit ! Oui, ce n'est pas Franck, ni Elise, encore moins ce mafieux belliqueux. C'est plutôt toute l'équipe du film, du scénariste au réalisateur, en passant par les acteurs, qui font ici du tourisme cinématographique. Le film commence, et tout de suite, on se dit : "ce n'est pas un film policier, c'est une parodie ou qu'elle que chose du genre". La scène : à Lyon, Elise sort de chez elle, tailleur chic et élégant, et se fait pister par une bonne grosse fourgonnette noire (Ah ! La discrétion made in France). Les flics pistent Elise, mais se permettent de délibérer sur le popotin de la miss (Eh oui ! c'est quand même Angie la Jolie !). Une petite pause thé plus tard, la filature reprend de plus belle et là, la magie du cinéma intervient : Elise arrive, sans se fouler le panard (comprendre : balocher sa croupe en marchant à deux à l'heure), à semer trois flics et la dite fourgonnette. Vous constaterez alors le réalisme quasi documentaire de cette magnifique séquence. Celle qui suit est du même tonneau : Acheson, inspecteur à Interpol, récupère la lettre brulée par Elise et, grâce à la magie de l'informatique (et aussi du cinéma), recolle les lambeaux pour découvrir qu'elle a rendez-vous à la gare de Lyon à 9:30 (tout cela en moins de 30 secondes, montre en main). Se prépare alors un gros foutage de gueule d'1h45. On s'attend à un film policier, avec du mystére, une femme fatale, des fusillades et un twist final qui vous renverse la permanente du Mercredi. Le résultat est vraiment tout autre : le film n'a de policier que le nom (pendant une bonne demie heure, le cinéaste s'attarde sur Venise, sur la quintessence du luxe des hôtels chics, sur les magnifiques robes de cocktail soigneusement rangées dans le placard, sur l'exquise bouffe que l'on y sert). Le tout fourré d'un romantisme de gare qui sent la naphtaline, boursoufflé par la musique outrancière de James Newton Howard. Mais en attendant, l'intrigue policière n'avance pas d'un iota.

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Le mystére s'épaissit donc autour du film puisque l'on sait toujours pas si The Tourist est un policier ou une comédie, ou une romance. Abordons l'histoire de la femme fatale, interprété par Angelina Jolie. Certes elle est bien foutue, elle fait gondoler des vaporetto à Venise et elle dégrafe divinement sa robe (plan dont la sensualité transcende l'utilité, quasi nul). Mais elle est aussi expressive qu'une bouillotte. Un petit regard assassin, des yeux doux, un effet de surprise : franchement, c'est du pareil au même chez elle. Et ce n'est pas cet empâté de Johnny Depp, qui fait son "Droopy show" en gobant les mouches pendant 1h45, et Paul Bettany, d'une seigneuriale constance dans la placidité, qui va relever le niveau d'interprétation du film. Sans parler de la caution MI6 apporté par un Thimothy Dalton visiblement peu concerné par son rôle. Abordons ensuite les deux points les plus faibles du film : l'action et le suspens. On peut dire, sans se tromper, qu'un épisode de Rex est plus explosif et rythmée que The Tourist. Il faut d'abord écluser une minable poursuite sur les toits (qui se fini par une chute totalement burlesque de Depp) pour ensuite tenter de prendre du plaisir devant une poursuite en bateau d'une mollesse qui confine au génie. Après une valse aussi chaude et électrique qu'une brique, le moment des révélations sonne la fin du sommeil du spectateur. Une révélation qui confirme le gros doute que l'on avait au début du film. Aucune surprise donc, d'autant plus que le cinéaste ne magnifie d'aucune manière son dénouement. The Tourist se termine donc aussi mal qu'il a commencé.

La presse fait tout un foin de The Tourist parce que Angelina Jolie rencontre pour la première fois Johnny Depp à l'écran. Mais le foin, ça brûle vite ! Pas étonnant donc de se retrouver devant un gros tas de cendres informe.