The_Truman_Show

Genre : Comedie

Réalisateur : Peter Weir

Synopsis :

Truman Burbank est le héros malgré lui d'une émission de télé-réalité depuis sa naissance. Mais il commence à douter de l'honnêteté des gens qui l'entoure.

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Avis :

Après le succès de Bienvenue à Gattaca, Andrew Niccol se fait scénariste pour un film ou il dénonce le pouvoir de la télévision. Le tout magnifié par le réalisateur Peter Weir.

The Truman Show s'est illustré lors de sa sortie pour sa critique de la télé-réalité. Sur un mode satirique et comique, Peter Weir et Andrew Niccol dépeint le vie d'une émission. Le plus grand atout de The Truman Show, c'est de mêler l'émission au film. Qu'est ce qui fait partie de la véritable émission ? Qu'est ce qui relève du film ? Un flou total introduit par la générique, qui n'est pas celui du film, mais de l'émission, avec la présentation du créateur et des deux acteurs principaux. Une superbe mise en abîme du film dans le film, qui met en place magnifiquement l'enjeu principal : ou est la vérité ? C'est ce que cherche Truman, l'homme vrai de tout ce charivari audiovisuel, le seul qui ne commande pas ses émotions, qui ne se fait pas dicter ses répliques. Le coté factice de ce monde, qui peut rappeler bien des films (en particulier 1984), est brillamment mise en image par Peter Weir (la Lune, qui cache les coulisses de l'émission, renvoie inévitablement à la controverse entourant l'alunissage de 1968). Truman est donc l'objet d'une expérience "entertainment" qui ne vis que par les produits dérivée et le placement de produit outrancier. Et c'est là aussi que le film devient intelligent : au lieu de ne fustiger que le créateur de cette émission, qui s'en prend tout de même pour son grade avec son ego divin (le monde de Truman comme un jardin d'Éden, l'ultime partie ou le créateur manipule la nature), Peter Weir et Andrew Niccol montre des tranches de vie des spectateurs, scotché à l'émission, entouré de produit dérivée (les deux petites vieilles avec leur coussins Truman) et qui impose un silence quasi religieux et une attention quasi biblique. On touche ici le noyau de la télé-réalité : l'audimat est source d'énergie de la télé-réalité. Le film cerne donc parfaitement l'esprit de la télé d'aujourd'hui, rapide et dans un flux constant de rebondissement et de surprise afin d'entretenir l'attention du spectateur.

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D'ailleurs, il n'est pas étrange d'y retrouver un style très nord Européen, les origines de la télé-réalité étant Néerlandaises (c.f. Endemol fut créer en 1994). Outre le style architectural de SeaHeaven, la musique utilisé pour le film joue un rôle important dans l'esthétique du film : outre la composition originale de Buckhard Dallwitz (compositeur d'origine Allemande), Philip Glass et sa musique contemporaine un brin folklorique donne parfaitement le ton du film. Un film qui ne manque pas de style, mais également de rythme. Brassant tout ses thématiques sans jamais les sacrifier sur l'autel de l'efficacité, Peter Weir sait aussi rendre son récit palpitant, mais toujours sur le mode "décalé" (la délirante évasion en voiture de SeaHaven). Tout comme la composition des personnages, en particulier celui de Christof, interprété par l'immense Ed Harris, au look de peintre/maitre zen mainstream. Un code vestimentaire qui vient parfaire la psychologie d'un personnage qui se prend pour un artiste télévisuel au intention saine (éloigner Truman du vrai monde). Mais évidement, comment ne pas saluer la prestation de Jim Carrey, qui délivre une somme considérable d'émotion et d'humour qui lui permettent d'atteindre les cimes de sa performance d'acteur. Il signe avec ce film sa plus belle composition, qui fait appelle autant à son talent de comique (le film lui réservé quelques micro plages de folies totalement jubilatoires) qu'à son talent d'acteur dramatique. Enfin, la réalisation de Peter Weir est simple et élégante mais sans génie, le point de vue adopté par le cinéaste ne laissant bien évidement pas de place à une grand liberté dans ce domaine.

The Truman Show est donc une satire savoureuse de la télé réalité qui ne manque pas de sel, le tout propulser par un Jim Carrey en pleine possession de ses moyens. Définitivement culte.