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Genre : Action

Réalisateur : Les Frères Hughes

Synopsis :

Eli traverse tout les Etats-Unis afin de mener à bien une mission qui lui à été confié : sécuriser un livre. Mais ce livre attire bien des convoitises, notamment ceux de Carnegie, qui souhaite posséder ce livre afin d'asseoir son autorité au sein d'une petite ville.

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Avis :

Il y a de ces films qui sont des chefs d'œuvre parce qu'ils étaient attendus comme tel par les spectateurs. Le Livre d'Eli n'est pas un chef d'œuvre : c'est une énorme surprise qui le place en tête des films les plus étonnants de ce début 2010.

Le qualificatif de western post-apocalyptique est parfait pour situer le film dans un genre. Le coté western est vraiment très bien représenté par les nombreux clins d'œil au genre (la musique, la gatling, la ville étape ou se déroule l'action) ainsi que par la réalisation honorifique des frères Hughes (qui transparait par l'utilisation du corps fragmenté ainsi que par les nombreux plans d'ensemble). Le western à également son intérêt dans la construction narrative du métrage. En effet, quoi de mieux pour parler de '"retour aux sources" que de retourner justement aux sources du cinéma contemporain. Car le western est né de cela : à la fois hommage aux sources même de la grande Amérique et naissance forcé d'un genre par la création du fameux Code Hayes en 1931. Le western symbolise la source d'un art majeur de notre société, et la source d'un pays qui ne cessera de se précipité dans le chaos. Ce chaos, c'est ce monde post-apocalyptique ou le soleil brule les rétines et la peau, la transformant en papier de riz, et ou l'eau devient une denrée rare. Ce monde à la Mad Max (quête obsessionnel de l'eau et criminel de la route) est un enfer. Et l'intrusion de la bible, brillamment amené dans le récit, nous conforte sur l'idée de genèse au sens premier du terme.

Mais de l'enfer nait la lumière. Cette lumière, cette source de puissance vient de Eli. On ne sait d'où il vient ni ce qu'il protège (tout du moins durant les quinze premières minutes), mais on sait que ce n'est pas un gars comme les autres. Une chasteté à toute épreuve, une maitrise parfaite de son destin accompagne son inégalable don pour le combat. Avec un sabre ou un flingue, Eli dégomme, décapite, démembre, plante et transperce comme un rasoir. Une présence physique et philosophique qu'impose Denzel Washington dans un rôle taillé sur mesure, oubliant un temps sa bonomie pour trancher dans le vif de son personnage. Ce n'est pas un doux ni un dur : c'est un juste. Pourtant, il à de quoi se raviser face au diablotin qu'est Carnegie. Un dictateur en puissance mais sans le pouvoir oratoire des ces ancêtres (il lit régulièrement sa bible : un livre sur Mussolini). Il veut être le duché sans prendre de douche froide, mais qu'il prendra tout de même, bien malgré lui. Un personnage que donne vie l'implacable cabotinage de Gary Oldman, excellent dans ce rôle. A cela s'ajoute la magnifique composition de Atticus Ross, qui prend lui aussi comme point de départ la thématique du western, pour déboucher par la suite sur une musique expérimentale mêlant John Murphy et Asche and Spencer (la musique de Stay et de L'Ombre de la Haine), et la réalisation électrique et inspiré des deux frères concocte de beaux morceaux d'action (dont une époustouflante fusillade dans une maison, filmé par un travelling circulaire de toute beauté).

Est ce la surprise ou la réel qualité artistique qui souffle le spectateur ? En tout cas, on peut retenir que du bon dans ce film maitrisé de bout en bout par deux réalisateurs chevronnés, dont on attend avec impatience leur prochain projet.