Wicker_Man

Genre : Fantastique

Réalisateur : Neil LaBute

Synopsis :

Après un grave accident, l'inspecteur Howie n'est plus que l'ombre de lui même. C'est alors qu'il reçoit une letter de son ex-femme, qui lui annonce qu'il a une fille et que celle si a disparu. Il part alors sur l'ile de Summerisle afin de retrouver sa petite fille.

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Avis :

Avec The Wicker Man, remake du film éponyme de Robin Hardy, Neil LaBute et Nicolas Cage sombre tout deux dans le nanar et la bouse inter-galactique.

Quoi de mieux pour se refaire une santé que d'organiser un remake d'un film culte mais très méconnu. C'est l'idée de Nicolas Cage, producteur et acteur principal de l'adaptation de Wicker Man. Il engage alors Neil LaBute, cinéaste reconnu mais qui n'a pas convaincu grand monde lors de son passage dans le genre fantastique avec Possession. Pourtant, ce tandem de choc s'associe pour créer le pire four de la carrière de Cage. La faute en revient dans un premier temps au réalisateur. LaBute est ici dans l'incapacité artistique de nous faire trembler ou de créer un lien entre le personnage principal et le spectateur. Quant les troubles psychologiques du personnage ne sont pas pompeusement mises en scène par de lourds effets (l'affreux délire sur le bateau annonce clairement la couleur du film ainsi que de la qualité de celui ci), c'est le descriptif du village et de l'ile qui s'emberlificote dans les poncifs d'un Twin Peaks du pauvre (des habitants cinglés avec des gueules horriblement surligné par un cadrage à la Jean-Marie Poiré, un village perdu dans une forêt). Le suspens ne décolle jamais et l'enquête, lourdement mené par Cage, enfile les évènements tous sauf passionnants (un corbeau qui surgit d'un pupitre, un rondin de bois prêt à écraser l'inspecteur).

Mais cela est encore pire quand le réalisateur insiste bec et ongle pour faire de ce film un sosie raté de la série de David Lynch. Du coup, les scènes étranges deviennent encore plus bizarre, poussant un peu plus l'hilarité du spectateur, qui à réussit à rester cloué sur son siège, par d'étrange coutumes locales mise en scène avec un souci constant de dérision involontaire (un défilé tout sauf inquiétant) . Et les scènes de combat sont guère plus emballant. Pour preuve, le combat de taikwondo entre Nicolas Cage et Leelee Sobieski (qui ne rate décidément pas une occasion pour se ridiculiser sur la scène internationale) est d'un burlesque à se pisser dessus. Car si le film est aussi drôle, c'est grâce aux acteurs qui semblent pédaler dans le couscous durant tout le film. Le jeu pachidermique et surligné de Cage est accompagné par la transparence de Kate Beahane et le cabotinage de Ellen Burstyn, qui s'est barbouillé de peinture pour l'occasion. Enfin, dans l'optique de pousser un peu plus la comparaison avec Twin Peaks, le réalisateur à engagé l'inénarrable Angelo Badalamenti pour le son. Sauf que le compositeur attitré de Lynch n'est pas plus inspiré par le projet que le metteur en scène, composant une musique lourde et trop appuyé.

The Wicker Man est donc nul, mais réussit le pari de faire rire malgré lui. Mais, outre le fait de prouver que Cage peut être un très mauvais acteur, le film montre que l'on n'est pas David Lynch quand on est dans l'incapacité de s'approprier son univers.