La_Guerre_des_Mondes

Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Steven Spielberg

Synopsis :

Des vaisseaux extra-terrestre surgissent du sol, semant la mort et le désespoir dans le monde entier. Ray Ferrier et ses deux enfants tentent alors de fuir cette menace.

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Avis :

Difficile de faire un remake d'un classique du genre. Pourtant, Spielberg se retrousse les manches et s'attèle à l'adaptation de La Guerre Des Mondes de H.G. Wells. Avec ce film, le réalisateur renoue avec sa passion pour les extra-terrestre, et accouche d'un film brillant mais mal interprété par bon nombre de spectateur. Explication.

Durant une bonne heure et demi de métrage, Spielberg adopte une vision noire de l'invasion extra-terrestre. Après avoir magistralement posé les bases de son intrigue et imposé ses personnages, Spielberg enclenche l'intense compte à rebours qui va mener cette famille scindé à se décomposer. Cette guerre de deux mondes provoque ce cisaillement des individus, la rupture idéologique, confrontation de deux mondes au sein du monde. D'un coté, l'on à le pessimiste et réaliste Ray Ferrier (excellent Tom Cruise) qui ne semble plus se faire d'illusion sur ces rapports entre lui et ces enfants, ainsi que sur son manque cruel d'autorité envers eux. De l'autre, Robbie Ferrier, le fils, qui ne voit le monde que par la vision Hollywoodienne que l'a société en fait : héroïsme, bravoure, optimisme, patriotisme. Deux vision du monde qui se confronte, qui se détériore au fil du film. Au terme de cette longue mais captivante partie, le cinéaste donne de plus en plus raison à Ray : décadence de l'humanité au bord du gouffre, la folie, le meurtre. Ce postulat lui permet également de prolonger son travail sur le génocide et sur la mécanisation de l'extermination. La réalisation est excellente, les séquences chocs abreuvent le film d'une implacable virtuosité (la magnifique séquence du ferry) et l'atmosphère noire du film est parfaitement relayé par la musique de John Williams ainsi que par la sublime photographie de Janusz Kaminski.

Mais le film réserve une toute autre surprise : sa fin. Certains y verrons une fin bâclée, sans surprise, et fermée par un happy-end qui s'emboite assez mal avec le reste du film. Sauf que Steven, par cette fin brutale, permet d'appuyer sa critique du système Hollywoodien ainsi que sa vision du cinéma. Alors qu'il donnait jusqu'alors raison au personnage de Ray Ferrier dans sa vision du monde, Spielberg décide, par une pirouette subtilement visible (Tom Cruise semble se réveiller d'un cauchemar en arrivant à Boston) de changer le ton du film, pour le rendre plus Hollywoodien. Spielberg joue donc délibérément avec le code du cinéma, comme l'avait fait Murnau en son temps avec Le Dernier Des Hommes, en remplaçant une optique réaliste par une optique plus cinématographique. Le cinéaste rétablit donc, en quelque sorte, une vérité sur la nature profonde de son métier : sa Guerre Des Mondes n'est, au final, qu'un film de science-fiction et que la vision Hollywoodienne du monde n'est en aucun cas le reflet de la réalité.

La Guerre Des Mondes est donc un excellent film de science-fiction, qui n'a pas peur de dérouter son spectateur en fin de parcours. Un classique du genre.