original_547498

Genre : Animation

Réalisateur : Carlos Saldanha

Synopsis :

Linda apprend que Blu, son perroquet, est le dernier représentant mal de son espèce. Elle l'amméne alors à Rio afin de la faire s'accoupler avec Perla, la derniére représentante femelle. Mais ils sont tout deux capturé par des braconniers.

Rio_2


Avis :

L'auteur de L'Age De Glace délocalise son action dans un Rio plus chaud que jamais, ou humour et action sont les maitres mots d'un beau film d'animation.

Les migrations sans fins des animaux préhistoriques ont finalement eu raison de Carlos Saldanha. Désertant le plateau du quatrième Age de Glace, le studio Blue Sky décide alors de le muter vers un climat plus chaud avec ce Rio, permettant ainsi au réalisateur de rejoindre sa terre natale qui est le Brésil. Sous le soleil de l'hémisphère Sud, Carlos Saldanha emprunte la mécanique narrative archi-éculé des précédents films d'animation (un personnage précieux largué dans un milieux sauvage). Pour autant, Rio ne manque pourtant pas de sel ni de surprise. D'abord parce que Saldanha sait parfaitement tenir un rythme. Puisant dans les origines et dans la rythmique Brésilienne auquel il a sûrement été biberonné plus jeune, le réalisateur jongle parfaitement entre les numéros musicaux enflammés, les poursuites endiablés au coeur des favelas et les traits d'humour toujours savoureux, permettant ainsi à Rio de garder un rythme de croisière propre et solide. On retrouve également l'efficacité du studio au travers de ses personnages, toujours très attachants et pétrie d'humour. Dans cette imposante palette de personnages, on retiendras la coolitude des oisillons Nico et Pedro (magnifiquement doublé en français par Moustapha El Atrassi), la folle sagesse de Rafael le toucan (étonnamment bien doublé par Nicos Aliagas), ainsi que les deux haras principaux, Blu (Laurent Deutsch) et Perla (Leatitia Casta). Cerise sur le gâteau : les gags visuels style cartoon inauguré par le fameux Scrat de l'Age de Glace étant ici légués à une hilarante troupe de singes cleptomanes, dont le seul regret est de ne pas les faire intervenir plus souvent.

RIO_3

Une panoplie de personnages haut en couleur prenant l'air sous le paysage ensoleillé d'un Rio de Janeiro dont la peinture oscille entre cliché de carte postale (carnaval, plage, bikini et parapente), et réalité social, plongeant ses héros au coeur de favelas devenu un haut repère de braconniers pas très futés. Plus d’une fois d’ailleurs la technique est au service de son décors. Graphiquement, le film est un délice de tous les instants : les couleurs explosent aux quatre coins de l’écran et le plumage des volatiles sont magnifiquement animés (tout comme la visqueuse bave du bull-dog, plus vraie que nature). Une recette qui permet également aux spectateurs de profiter au maximum de l’insouciance du spectacle de sons et de lumières que nous offre le film, le réalisateur se gardant également bien de nous inonder de sa morale et de ses répliques sentimentales pompeuses. Ici, l’allégorie du perroquet casanier qui ne sait pas volé est suffisante pour comprendre le message du film. Carlos Saldanha fait donc totalement confiance au pouvoir de ses images et des ses situations, d’ou peut-être aussi un léger manque d’émotion qui ne lui permet pas de se hisser au niveau du studio Pixar dans ce domaine. C'est d'ailleurs ici que l’efficacité du film atteint ses limites : les méchants braconniers se révèle trop monotone en comparaison avec les autres personnages. Fort heureusement, Nigel, le cacatoès déchu de sa célébrité, rééquilibre un peu la balance du coté des méchants.

Ce périple à Rio est donc une vrai réussite. En conjuguant un rythme frénétique à une réalisation pétaradante et des personnages vivants, Carlos Saldanha réalise son meilleur film d'animation.