The_Big_Lebowski

Genre : Comédie

Réalisateur : Les Frères Coen

Synopsis :

Parce qu'il a demandé des comptes à son homonyme suite à une méprise, Jeffrey Lebowski dit "Le Duc" se retrouve au coeur d'une sombre affaire de kidnapping, mêlant à la fois des nihilistes et l'industrie pornographique.

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Avis :

Les Coen aime les polars, mais également les comédies polarisées. Ici, ils écrivent avec The Big Lebowski leur plus grand succès public dans le domaine.

Les Coen se sont ici surpassés en matière de comédie loufoque et barrée. Car, même si beaucoup voit en ce film un belle tranche de rigolade azimutée, il en reste pas moins une œuvre réfléchit, posant des questions de manière détourné. The Big Lebowski est réfléchit à l'image du magnifique prologue, introduisant avec subtilité le statut du personnage principale (la boule de poussière égarée en pleine ville). Car Le Duc est un être situé "à l'ouest de l'ouest" : il paie son litre de lait par chèque, il se ballade en peignoir et fume de la thaïlandaise. Tout échappe à son savoir et à sa maitrise, vivant avec un poster de Nixon en pleine partie de bowling (symbole d'une époque ou même les plus grands de ce monde n'avait pas peur d'être populiste). The Big Lebowski est également une œuvre intelligente car il dévoile tout les travers de la société américaine : le traumatisme du Vietnam, l'emprise des riches sur les pauvres, la dégradation de la jeunesse, le marché de la mort. Mais ce constat se fait toujours par l'humour, le cynisme, l'ironie. Un film presque nostalgique, notamment par la divine intervention de Sam Elliott, en cowboy symbolisant l'époque dorée des Etats-Unis. Le film rend également hommage aux films de série B qui basaient leurs intrigues sur la drogue et le délire psychotique (voir les films de Cheech Marin).

Mais ce qui fait le sel de ce film, ce sont les personnages et l'écriture de frères Coen. Les personnages sont, comme toujours chez les cinéastes, des anti-héros. Ils n'ont rien de valeureux ni d'exceptionnels dans leur attitudes. Le Duc (majestueux Jeff Bridges) est un feignant qui passe ses journées à boire des russes blancs et à jouer au bowling et Donny (hilarant Steve Buscemi) est un imbécile totalement naïf. Walter (John Goodman, brillant) est à mettre à part. Car, si il tente très souvent de montrer que c'est un des derniers héros de la vieille école (notamment par ses tirades sur le Vietnam), il demeure un raté, plombant tous ce qu'il entreprend (la séquence de la remise de la rançon en est un excellent exemple). Tout les autres personnages montre la face caché de l'Amérique : la nymphomane (excellente Julianne Moore), le pédéraste (mémorable John Turturro) ou encore l'actrice de porno. Des personnages haut-en-couleur qui vont de paires avec les dialogues des Coen, construisant des morceaux instantanément cultes (les monologues de Walter). Enfin, la bande son accentue un peu plus le décalage avec la relecture mexicaine de Hotel California ou encore la chanson titre de Bob Dylan (The Man In Me), référence au coté populaire et contestataire du personnage du Duc.

The Big Lebowski est donc un film hilarant qui, sous couvert d'une bonne couche de comédie, montre les dérives des États-Unis. Une comédie culte.