Hannibal

Genre : Thriller

Réalisateur : Ridley Scott

Synopsis :

10 ans après sa rencontre avec Hannibal Lecter, Clarice Starling tente désespérément de l'oublier. Malheureusement, Mason Verger, une des victimes de Lecter, n'en reste pas là et se sert de l'agent Starling afin d'attirer Hannibal dans ces filets.

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Avis :

Après 10 années sans nouvelle de notre cher Dr. Lecter, Ridley Scott se lance dans une séquelle qui fera date dans l'histoire des suites controversées. Il y a d'un coté ceux qui le déteste, et les autres, qui l'aime.

Il faut dire que Ridley Scott n'a pas eu la tache facile puisque, outre le fait de reprendre un personnage ô combien adulé par le public, il se retrouve à faire une suite sans Jodie Foster. C'est alors que Scott engage la talentueuse Julianne Moore. Résultat : même si Jodie Foster est inoubliable, Julianne Moore est resplendissante et magnifique dans le rôle de Starling. Son interprétation est tout bonnement excellente. Mais plus que la nouvelle interprète, c'est le fond de l'affaire qui va dérouter certains inconditionnelles de la saga, à savoir la mise en image du film. Beaucoup se sont insurgés contre cette version grand-guignolesque que livre Ridley Scott. Ceux qui déteste ce sont retourné dans leur Silence Des Agneaux, écartant définitivement cette relecture du célèbre docteur Hannibal Lecter. Les autres y voit un film qui joue sur un tout autre registre : l'horreur pur. Car, si le cinéaste fait des infidélités au travail livré par Demme, c'est bien pour donner son propre point de vue sur l'histoire de Lecter, en faire une relecture personnelle de ce personnage. D'ailleurs, le cinéaste ne renie pas cette volonté d'en faire un film très excessif (les aires d'opéra en est la preuve formelle), de pousser l'humour noir à l'extrême (Hannibal va chercher ses instruments de torture à la morgue comme si il allait faire son shopping) et hisse le barbarisme à son point culminant. Le final, véritable coup de grâce pour ceux qui déteste le film, impose clairement le parti pris de Scott (ce qui fait de cette séquence un morceaux inoubliable). Le film est donc cohérent de bout en bout, laissant ainsi le spectateur libre d'aimer ou de détester.

Les spectateurs qui acceptent la vision du cinéaste vont donc se plonger pleinement dans l'atmosphère du film. En ce sens, la monstrueuse beauté de Florence enveloppe efficacement le spectateur dans une bulle atemporelle. On se replonge dans une ville moyenâgeuse, berceau de l'art nouveau mais également berceau de la mort. Une opposition beauté/monstruosité qui se calque sur la relation entre Starling et Lecter, à la fois très sensuelle mais également extrêmement morbide. Une dualité qui se retrouve également au sein même des personnages du film (Clarice tiraillée entre son devoir et son intuition, Lecter entre son amour et sa faim de cruauté, Verger entre son statut de victime et son désir de vengeance), magnifiquement illustré par ce jeu avec les miroirs. Par ailleurs, la réalisation est vraiment très bonne, même si parfois trop marquée par des effets pas toujours très délicats à l'œil. Enfin, les acteurs sont également très bon : Gary Oldman (méconnaissable) interprète avec délectation Mason Verger, Anthony Hopkins est toujours aussi séduisant et guindé en meurtrier cannibale, Giancarlo Giannini et Ray Liotta sont égale à eux-même. Notons enfin la participation de Frankie Faison, qui donne un peu plus de consistance à son personnage d'infirmier psychiatre.

Hannibal fascine ou répugne, c'est selon. Mais ceux qui accepterons la vision grandiloquente de Scott prendrons un malin plaisir à déguster ce nouveau chapitre haut en couleur.