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Genre : Horreur

Réalisateur : Franck Darabont


Synopsis :


Un épais brouillard emprisonne un groupe de personne dans un supermarché, les coupant du reste du monde. Mais, au fil des heures, ils découvrent que ce qui se cache dans le brouillard et bien pire encore que ce qu'ils ont pu imaginer.

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Avis :

Franck Darabont et Stephen King sont devenu en deux collaboration (Les Evadés, La Ligne Verte) comme cul et chemise. Il demeure aujourd'hui presque impossible de les séparer. Leur nouvelle collaboration s'appelle The Mist, qui produit une fois de plus un petit chef d'œuvre.


Cette fois ci, Darabont ne fait pas dans la dentelle. Fort d'une cure de jouvence par sa participation à la série The Shield, Darabont et sa méthode académique s'en trouve totalement changé. Ici, place à une réalisation sur le vif, caméra à l'épaule. Effet de mode ou effet de filmographie (même réalisation que dans la série précédemment citée), le résultat à le grand mérite de nous plonger au cœur de son histoire. Autre changement notable : un récit bien plus pessimiste que dans ces précédentes réalisation. L'intrigue est totalement noir du début à la fin (une fin particulièrement éprouvante), teinté d'un anticléricalisme contrasté (le réalisateur condamne ici les extrémistes et non les croyants). La phrase de Jean Paul Sartre "l'enfer, c'est les autres" prend ici donc tous son sens. The Mist rend également un bel hommage aux films de monstres des années 60, ou l'inventivité primait sur la rentabilité.


Pour le reste, le film est d'une grande efficacité. Le rythme est assuré par un enchainement parfaitement maitrisé de péripéties et par une excellente étude des comportements humains en milieux hostile. La sensation d'être au cœur d'un huis clos aux frontières du réel est parfaitement relayée par le grand nombre de plans serrés (suggérant l'enfermement), ainsi que par la musique primitive et atmosphérique de Mark Isham. L'interprétation est aussi au rendez-vous : Thomas Jane est enfin convaincant dans le rôle du père de famille, Laurie Holden est excellente, tout comme Toby Jones et Andre Braugher, et Marcia Gay Harden est tout simplement magistrale en bigote totalement rafraichit par son inébranlable foie en dieu. Seul ombre au tableau : les effets spéciaux pas toujours très agréable à l'œil. Une faute relativement pardonnée par la petitesse du budget et par la volonté initiale d'en faire un film en noir et blanc (ce qui aurait gommé les principales imperfections des effets numériques utilisés dans le film).

The Mist est donc un formidable film horrifique, qui, grâce à un scénario riche et une atmosphère parfaitement travaillée, se place sans problème dans le peloton de tête des plus belles réussites du genre.