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Genre : Super-Héros

Réalisateur : Zack Snyder


Synopsis :


Alors que tout les Watchmen sont sur le coup d'une interdiction d'exercer, l'un d'entre eux, surnommé Le Comédien, est sauvagement assassiné. Rorschach, qui n'a jamais raccroché son masque de super-héros, tente alors de faire la lumière sur cette affaire.

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Avis :

Zack Snyder devait être complétement défoncé le jour ou il a signé le contrat de mise en chantier de ce Watchmen. Le monde entier (j'exagère un peu) se demandait comment il allait mettre en forme le comics de Alan Moore, réputé inadaptable.

Le pari à haut risque (et personne ne me contredira sur ce qualificatif) est relève haut la main par le réalisateur, imposant par la même occasion Snyder comme une valeur sûr du cinéma contemporain.
Vous pouvez tous oublier The Dark Knight comme le top du top en super-héros. Ici, Snyder fait pareil que Nolan, mais en mieux. Ce qui fait la différence entre ces deux metteur en scène, c'est que Snyder se disperse de façon organisé autour de la personnalité des ces super-héros, ainsi qu'autour du contexte dans le quelle ils se trouvent, alors que Nolan, aussi talentueux soit-il, se dispersait sans vraiment trop approfondir ces sujets. Là, les deux heures quarante de récit servent de façon efficace une intrigue qui côtoie allégrement intimisme et universalité, deux échelles narratives parfaitement mis en place par le réalisateur (qui, par ailleurs, reprend de façon récurrente le mécanisme "petite histoire dans la grande"), et qui se nourrit l'une de l'autre, sans jamais se faire de l'ombre. De plus, Snyder ne trahit jamais le comics, respectant à la case près l'intrigue de Moore, modelant parfaitement l'univers pré-apocalyptique imposé par l'auteur, tout en mettant magnifiquement en exergue les fêlures de l'époque (le romantisme qui tourne autour du champignon atomique, violence banalisé, perte de sens...).


Cette histoire grandiose trouve un bel écrin par la magnifique mise en scène de Zach Snyder. A mi chemin entre Matrix (la scène ou Rorschach s'échappe de l'appartement du Moloch), et 300 (le coté sanglant), Snyder impose son style, envoutant, et magnifie chaque scènes par une maitrise parfaite de la colorimétrie et des ralentis, fluidifiant ainsi une intrigue complexe, violente, passionnante, mais fondamentalement lente, car basée essentiellement sur la narration en voix-off de Rorschach, ainsi que sur un développement psychologique immense de chaque protagonistes. Coté casting, c'est un sans faute de la part de tout les acteurs, avec, en tête de file, Jackie Earle Haley, délicieusement sombre en Rorschach, et Billy Crudup, qui incarne un Doc. Manhattan telle que l'on imaginait : distant, froid, élégant, meurtri, qui renie son humanité pour mieux survivre. La musique n'est pas en reste puisqu'elle enveloppe avec maestria l'univers des Watchmen, et colle parfaitement avec la mise en scène de Snyder.

Pas besoin de vous faire un dessin, Watchmen - Les Gardiens est une très, très, très grande réussite, qui ne mérite pas du tout son non-succès au box-office. L'un des chefs-d'œuvre de l'année.