Harry_Potter_7

Genre : Fantastique

Réalisateur : David Yates

Synopsis :

Traqué par les Mangemorts, disciples de Voldemort, Harry, Hermione et Ron sont contraint de fuir leur foyer pour partir à la recherche des Horcrux et de les détruire.

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Avant-Propos :

Je ne suis pas un grand fan de la saga (juste de l'épisode 3). Je n'ai pas lu les livres. Donc je ne jugerais ce film qu'en tant que spectateur lambda.


Avis :

David Yates rempile une troisième fois pour la réalisation des ultimes épisodes de cette saga, pour un résultat tiède au possible.

Avec ce film de la rédemption (je parle ici à titre purement personnel puisque je ne peut plus encadrer le sorcier binoclard depuis un bon moment), je m'attendais à ce que cet épisode refasse jaillir la flamme éteinte jadis par l'épisode 4 d'une incommensurable longueur. Mais, si flamme il y a eu, c'est uniquement parce que Alexandre Desplat, brillant compositeur, à mis en son ce que David Yates, le réalisateur, n'a pas mis en image : de la noirceur et surtout de l'efficacité. Car, une fois passé les trois premier quart-d'heure d'une efficacité certaine (concision des enjeux et des explications) et d'un pessimisme avoué (excellente séquence d'ouverture, diabolique bataille aérienne et machiavélique infiltration au ministère de la magie), le film se vautre pendant les 1h45 restante dans une intrigue grabataire, ayant la forte sensation de bouffé du téléfilm Allemand de fin d'après-midi (je caricature certes un peu, mais la présence quasi envahissante de représentant du troisième age dans la salle le prouve par A + B). Tout ce que l'on attends donc, c'est que Voldemort déterre notre bon vieux Dumbledor pour qui lui chipe sa baguette pour qu'enfin le générique de fin apparaisse. La faute d'abord à un coté sombre étouffée par un humour enfantin moyennement drôle. Il ne suffit donc pas de coller un filtre gris sur la pellicule pour rendre son métrage pessimiste.

David Yates fait aussi ce que l'on appelle du bavardage par les mots : il nous explique que Ron et Hermione sont comme cul et chemise (Ah ! En voila une nouvelle !) et que Harry leur tient gentiement la chandelle tout le long de leur périple forestier passé dans leur tante Quechua 5 étoiles. Yates explique aussi ce qu'est les fameuses Reliques de la Mort à travers un petit conte sympathique mais qui se révèle totalement inutile (Harry, Hermione et Ron ne comprennent pas plus par la suite ce que sont ces reliques). J'oubliais : depuis quand Harry et Hermione sont cons comme des balais (c'est moins le cas pour Ron : on a toujours su qu'il était pas très fute-fute) ? Toutes leurs répliques consistent à s'interroger sur l'utilité d'une babiole, ou sur la localisation de telle breloque magique. Je veux bien croire que l'on simplifie un peu l'intrigue pour faciliter l'accès aux enfants, mais de la à les prendre pour des bigorneaux sans cervelles, c'est carrément prendre les gens pour des imbéciles ! Sinon, on a l'immense privilège d'avoir du bavardage par l'image. Parce que, en plus de foutre en l'air le récit, le réalisateur saborde également le rythme du film. On se croirait dans un film de Yann-Arthus Bertrand, avec des tonnes de rush sur des falaises, des lacs et des rivières (c'est les lacs du Connemara, Michel Sardou en moins ce qui, vous l'admettrai, n'est pas une mauvaise chose). Tout ça pour dire qu'un petit trek dans les bois, il y a rien de tel pour se retrouver face à vous même (snif). Par contre, on peut remercier le ciel d'avoir mis une parabole sur le régime Nazi (blouson en cuir, bandeau rouge, propagande, gros putsch et petites rafles) et une mini bagarre dans le château des Malfoy.

Vous l'aurez donc compris : restez pendant les trois premiers quart-d'heure histoire de profiter d'un bon film. Puis prétextez une envie pressente pour vous enfermez dans les toilettes afin de ne pas vous faire réellement chier.