Green_Zone_1

Genre : Action

Réalisateur : Paul Greengrass

Synopsis :

L'adjudant chef Roy Miller est responsable d'une unité dont le but est de localiser et sécuriser les zones d'ADM (Arme de Destruction Massive) en Irak. Mais sur place, son unité ne découvre aucune armes bactériologiques, aucune bombes nucléaires. Miller se pose alors la question de l'existence réel de ces ADM.

Green_Zone_2


Avis :

Paul Greengrass nous avait déjà bien cueillit avec ses deux épisodes de Jason Bourne ainsi qu'avec Vol 93. Green Zone sort et vient confirmer que Greengrass est le nouveau roi de "l'action-movie".

Greengrass est un spécialiste de l'immersion et il le prouve une fois encore avec son nouveau film. La séquence d'ouverture, ou l'on assiste à la fuite du colonel Al Rawi, clé de voute de l'intrigue à venir. Cette séquence installe le spectateur dans ce pays plongé dans les flammes et la fureur, renforcée par la camera à l'épaule, compagnon indispensable du réalisateur. Une efficacité dans la réalisation qui va s'étendre à tout le film. Que ce soit sur le terrain explosif des opérations militaires ou un simple duel verbal, la technique de Greengrass ne vacille à aucun moment. Évidemment, cela demande un certains temps d'adaptation au non initiés. Et comme d'habitude, lors des multiples scènes spectaculaires (fusillade, poursuite, combat), la camera virevolte, tente de noyer les repères du spectateur dans un flot continu d'explosions et de coup de feu, sans pour autant morceler le spectacle au point d'en atténuer l'impact, que se soit lors d'une intervention dans un maison de banlieue, ou une escarmouche dans les ruelles de Bagdad. Greengrass pousse donc à l'extrême sa réalisation, traduisant la sècheresse des rapports et l'urgence du conflit. C'est simple : on s'est jamais autant sentit en danger dans un film d'action.

Mais la forme c'est bien quand le fond suit. Et là, Brian Helgeland a fait un excellent boulot. Le film se base sur la polémique concernant l'éventuel présence d'arme de destruction massive. Le premier bon point pour le scénario, c'est sa finesse. Car, si il met en cause le gouvernement Américain dans cette fraude, il évite de diaboliser George Bush. Il y a aussi cette magnifique fin, ou on constate que le gouvernement à sous-estimé les difficultés de reconstruction d'un pays profondément divisé (chiite et sunnite, plus toutes les subdivisions de ces courants religieux). Autre bon point : le film évite la critique facile de la torture ou du "fallait pas y aller". La torture : on voit une petite séquence mais la critique n'est pas appuyée comme dans certains films. "Fallait pas y aller" : le personnage de Roy Miller s'embarrasse pas de ce genre d'affirmation. Ce qu'il remet en cause, c'est les motivations qui ont conduits à mener cette guerre et pas la guerre en elle même. Enfin dernier point : le cinéaste garde bien en tête que ce décorum politique n'est là que pour amener un peu de réflexion et de fond au divertissement. Il reprend donc la recette de La Vengeance Dans La Peau, à ceci près que Matt Damon est bien plus le poursuivant que le poursuivit. Cette alchimie fait donc de ce film un grand film d'action, fouillé sans pour autant sombrer dans le pamphlet pur et dur. Sans compter que le plaisir est relayé par une belle galerie d'acteur, notamment l'excellent Greg Kinnear et l'imposant Brendan Gleeson.

Green Zone est donc un très grand film d'action comme on les aimes, avec une touche de réflexion et une bonne dose de testostérone. A ne pas manquer.