Date_Limite

Genre : Comédie

Réalisateur : Todd Phillips

Synopsis :

Après avoir fait expulser Peter à bord de l'avion destiné à la conduire auprès de sa femme enceinte, Ethan, débarqué lui aussi, propose à celui ci de le conduire à San Fransisco afin qu'il puisse assister à temps à l'accouchement de sa femme.

Date_Limite_2


Avis :

Désormais icône du trips comique made in america, avec l'éclatant Very Bad Trip, Todd Phillips tente de renouveler l'essai avec Date Limite.

La mécanique de Date Limite est une copie presque conforme de celle qui faisait rouler son précèdent film : un trip tout ce qu'il y a de plus ordinaire dont les fondations repose sur un duo antinomique au possible (le gros lourd et le grand suffisant). Et bien évidemment, l'un ne peu pas blairer l'autre et ils sont malheureusement contraint de partager les quelques mètres carrée d'une Subaru Impreza si ils veulent atteindre leur destination à temps (Los Angeles). Le schéma est donc réchauffé au maximum et assaisonné à la sauce Philips, ou les différences et les conflits permettent, au final, de cimenter les relations. Mais, une fois les plat de résistance servit, on constate avec amertume et surprise que le résultat ne correspond pas tout à fait à ce à quoi on attendais. D'un coté, on est déçue de voir que le réalisateur n'atteint pas la bouffonnerie joyeuse de Very Bad Trip. On sourit très souvent, on éclate de rire rarement, et ce malgré la tonne de conneries accumulés sur la route de nos deux zigoto (irrésistible combat entre un ancien militaire handicapé et Robert Downey Jr.). Le hic qui fait gripper la machinerie, c'est donc pas la quantité mais bien la qualités dans vannes servies, entre timide satire (les forces mexicaines toujours très à cheval sur les principes... pour les bafouer deux minutes plus tard) et cascade burlesque mille fois vue et revue (l'éternel gag de la portière façon Galifianakis). Déception donc sur la plan purement comique.

Par contre, Phillips surprend par la maturité qu'il apporte à sa recette. Il aménage chez ses personnages une dimension humaine qui les rends plus attachants, plus humains, plus réel aussi, les dégageant ainsi de leur statut de simple gag-man. Ethan Trembley (poilant Zach Galifianakis) est un acteur qui se donne tout les moyens de ses ambitions, même si il n'arrive pas une seconde à paraitre sérieux. Toujours ridicule et parfois même méprisant (hilarante séquence ou il se moque de la triste enfance de Peter), il en demeure pas moins quelqu'un de fragile et de poignant (il arriverait même à nous arracher une larme lors de la séquence "d'improvisation" façon Strasberg dans les toilettes publics). A ses coté, Peter (Robert Downey Jr. toujours aussi loquace) est un journaliste suffisant mais pétri d'incertitudes concernant son futur rôle de père, puis de doutes sur la paternité réel de l'enfant (flou introduit par le personnage de Jamie Foxx). Par ailleurs, la douce séquence d'ouverture est vraiment touchante, annonçant de façon clair les péripéties à suivre. Mais il n'y a pas que sur le plan du recit que le cinéaste à fait des efforts, mais aussi sur le rythme. Enlevée et sans bavure (ou presque), la bobine s'étale devant nos yeux sans que l'on trouve le temps long. De belle petite séquences musclées comme on les aime (dont un efficace course poursuite avec les forces de polices mexicaines), une bonne sélection de chansons et une musique originale détonante signé Christophe Beck parachève agréablement le tout.

Date Limite est donc une comédie dans la moyenne de la production actuelle, qui compense le manque de folie par un portrait juste et délicat de ses personnages ainsi que par un rythme mené tambour battant.