L_Italien

Genre : Comédie

Réalisateur : Olivier Baroux

Synopsis :

Dino Fabrizzi, vendeur chez un concessionnaire Maserati à Nice, fait croire à tout le monde qu'il est Italien. A Marseille, chez sa famille, il fait croire à tout le monde qu'il travaille en Italie comme directeur d'un concessionnaire Maserati. Une double identité qu'il entretient depuis 5 ans mais qui, aujourd'hui, trouve ses limites.

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Avis :

Oliver Baroux, ex de "Kad & O", retrouve les bancs de la réalisation avec Safari, publiquement reconnu comme pas drôle. Il s'adjoint une fois de plus les services de Kad Merad, ex de "Kad & O" (Oh ! Ba ça alors !), pour le premier rôle.

Cela aurait été tellement plus facile d'être méchant envers ce film. Mais, au lieu de cela, c'est une comédie bien sympathique qui nous ai donné de voir. Certes, ce n'est pas non plus la Tour Eiffel, encore moins le Moulin Rouge, mais on est loin du château d'eau de Trifouillis Les Oies. Voila, après les métaphores architecturaux, passons au film. Évidement, qui dit production Pathé dit forcément "comédie bien populaire, qui sent bon la France d'en bas mais fait avec les moyens de la France d'en haut". Donc, voici l'histoire d'un beau mythomane, qui aurait eu toute sa place dans l'émission de Christophe Hondelatte si il n'était pas aussi inoffensif. Enfin bref : Dino, dit Mourad, cultive deux culture - Italien pour le coté "romantico avec grosses noix et rutilante voiture", Maghrébin pour le coté "Ah quelle sont jolies les filles de mon pays !". Mais voila, son père, ancien joueur de claquette, se noue l'artère autour de l'oreillette droite de son palpitant au moment ou il faisait son dernier numéro devant la famille. Contraint médicalement de s'abstenir à faire le Ramadan, il supplie alors son fils, qui accepte finalement de le faire à sa place. Mais, menant une vie de pur "néo-catholique pour de faux", il est plus que jamais contraint de composer avec sa double identité (surtout que personne n'est au courant, mis à part son ami peintre Juif et sa sœur institutrice). Du coup, s'est coton tige, et notre bon Dino (ou Mourad) marche sur des œufs, au risque de les casser. Un pitch ultra vu, revu et re-revu, ultra scripté (un scénario aussi prévisible qu'un coup de gueule de Geneviève de Fontenay) et qui n'est pas spécialement hilarant (cela dit, il y a quelques séquence vraiment sympathiques).

Par contre, le film surprend à explorer le coté sombre de cette démarche. Sans dévoiler les éléments perturbateurs, le récit vas assez loin dans le drame... pour s'en sortir deux minutes plus tard sur une pirouette plutôt bienvenue. Le film surprend donc avant tout par son coté mélancolique. C'est assez con, mais L'Italien se révèle extrémement touchant dans sa façon authentique et universelle d'aborder le thème des origines et de la descendance. Il y a notamment une séquence entre Mourad et son père, ou il s'avoue leur amour, qui est désarmante de vérité. Il faut dire que les acteurs sont vraiment très bons, en particulier Kad Merad, qui se révèle être beaucoup plus sincère dans l'intime que dans la bouffonnerie, et Sid Ahmed Agoumi, interprétant le père de Mourad, s'imposant ici comme une révélation : touchant et imposant, sa bonhommie et sa sensibilité voilé (sans mauvais jeu de mot) illumine chaque une de ses interventions. Une aisance déconcertante dans le drame qui comble parfaitement les carences de mise en scène de Olivier Barroux (en gros : s'est plat et sans inventions). Mais une chose, une idée amoindri tout d'un coup l'impact du long-métrage. Pourquoi avoir flanquer un coté "La France, terre ou les immigrés s'écrasent" au discours du film ? D'une part, cela donne un coté "réactionnaire gauchiste qui sent bon le Royalisme socialiste", et puis cela crée des amalgames pas forcément juste à étendre au domaine du général. Surtout que la présence de Saphia Azzedine (écrivaine à l'origine de Mon Père Est Une Femme De Ménage et Confidences à Allah) donne une caution "idéologique", ou du moins "littéraire" à cette vision quelque peu grossière, voir caricaturale, de la France.

L'Italien n'est donc pas la daube attendu. Certes, le film n'est pas sans défauts, se dopant notamment d'un discours politique malvenu. Mais, au final, ou passe un bon moment.