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Genre : Thriller

Réalisateur : Tom Tykwer



Synopsis :


Louis Salinger, agent d'Interpol, et Eleanor Whitman, district attorney à New York, enquêtent sur les opérations financières d'une grande banque Européenne, International Bank of Business and Credit. Ils mettent bientôt le doigt dans un dangereux engrenage, les poussant très loin dans leur retranchements.

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Avis :

Simpliste est le spectateur qui voit en Tom Tykwer un profiteur de crise afin de dénoncer la veulerie des banques comme pour enfoncer un peu plus le clou sur ce qui nous arrive depuis la fin d'année 2008. Si le film remue belle et bien le couteau dans la plaie financière, il faut savoir que ce film à été tourné un an avant la fameuse crise. Et si profiteur il est, il ne tombe jamais dans la facilité.

Car ici, Tykwer ne cherche pas à faire du sensationnel à bon compte, mais mise plutôt sur l'atmosphère du film. Le climat de complot et de menace est savamment entretenue par le réalisateur, bénéficiant également d'une bande son stressante et d'une photographie au ton grisâtre et froide, rappelant que personne n'est tout blanc ou tout noir dans cette histoire. Dans sa première partie, on sent donc que le réalisateur ne veut pas faire de son film un action-movie basique et sans réflexion. Le récit fait preuve d'une exhaustivité sans faille concernant le mode opératoire de la banque en question, que se soit par les mots (les explications de Umberto Calvini), ou par les images (la corruptibilité et le détachement total des autorités Allemande pour l'enquête). Il n'en oublie pas moins l'action, avec une bonne séquence sobrement rythmée en Italie, Tykwer se permettant même l'audace d'un petit parallèle avec l'assassinat de Kennedy durant celle-ci. Les acteurs quant à eux sont parfaits : le duo que forme Clive Owen et Naomi Watts est particulièrement charismatique, Ulrich Thomsen est impeccable et Armin Mueller-Stalh est magnifique de sobriété.

Le film aurait pu s'en tirer avec des gerbes de fleurs si un malencontreux accident ne s'était pas produit au 3/4 du film : la fameuse (et désormais culte) fusillade au Guggenheim. Formellement, cette magnifique scène est irréprochable : une mise en scène fluide, qui épouse parfaitement la structure en colimaçon du musée. Mais, cette scène semble trop disproportionnée par rapport à l'ensemble du film, et aux intentions de la banque, à savoir se faire discret pour ne pas éveiller les soupçons. Et oui : pourquoi tant de vacarme si on veut garder le secret sur les malversations ? Pourquoi ne pas avoir reproduit le superbe schéma de l'assassinat en Italie, impressionnant et en adéquation avec les ressorts du film ? Dans tous les cas, on ressort de cette séquence pantois d'admiration pour sa réalisation, mais totalement désorienté. Ce moment marque également un léger essoufflement dans l'intrigue, avec des tunnels de dialogues assez peu instructifs mais toujours très biens écrient. Le réalisateur tente alors de reprendre doucement le rythme de la première partie avec, en guise de final, une petite poursuite à pied à Istanbul et une belle petite morale en clôture du film.

The International est donc un film très réussit, avec beaucoup de classe, mais qui à malheureusement trébuché sur la dernière ligne droite. Il en demeure pas moins un excellent thriller, et peut-être un des plus marquants de cette année.