Inside_Man

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Genre : Polar

Réalisateur : Spike Lee

Synopsis :

Une prise d'otage éclate dans une grande banque de Manhattan. L'Inspecteur Keith Frazier et son partenaire, Bill Mitchell, sont désignés pour mener les négociations.

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Avis :

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Spike Lee a l'art de transformer un divertissement de commande en une oeuvre infiniment personnelle et engagée. Alors que l'on pensait mettre les pieds dans un film de braquage bête et méchant avec Inside Man, le réalisateur nous sort de son chapeau des rebondissements et des effets de manches systématiquement bluffant qui, outre l'aspect purement spectaculaire qu'ils entraînent, permet également de développer un sous-texte sociologique et ethnique fort (plus aucune distinction physique entre les criminels et les otages, des interrogatoires au relent anti-communiste). Et même si le discours du cinéaste semble s'être canaliser au regard de ses précédentes productions, il gagne paradoxalement en puissance et en universalité (ce qui était déjà le cas dans son précèdent film, 24 Heures Avant La Nuit) en le recontextualisant historiquement par le biais du troublant passé du directeur de la banque ainsi que par une méfiance paranoïde millénariste (dont l'inspecteur Frazier en est également la victime). Peuplé de couguars et de vautours opportunistes qui ont parfois même la franchise de se déclarer comme tel, le film prend alors des allures d'une vaste peinture de l'avidité qui gangrène (et, quelque part, consolide) le monde d'hier et d'aujourd'hui. Pour le reste, le film se refusant de verser dans le sensationnel, il conserve un rythme lent mais appliqué jusqu'à la fin, reposant totalement sur son suspens, sa finesse d'écriture qui se distingue lors de passages dialogués absolument délicieux, et sur un mémorable trio d'acteur d'ou se détache Jodie Foster, renversante en conseillère peu scrupuleuse. Inside Man est donc un polar atypique, un brillant film de braquage qui privilégie l'intelligence de son propos au sensationnalisme de son intrigue. Une vraie petite révolution dans le genre.

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> Un casting parfait ou Jodie Foster, en total contre-emploie, parviens sans mal à s'imposer face à ses partenaires masculins

> Un scénario brillamment écrit, multipliant les pirouettes les plus malicieuses et les dialogues exquis

> Une analyse très finaude de la société Américaine en la mettant dans un perspective historique passionnante

> L'ambiance jazzie amenée par la très jolie composition de Terrence Blanchard

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> Le rythme, plus proche du polar cérébral que du blockbuster, peut ne pas plaire

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LA SCENE QUI TUE !

L'échange, puis l'interrogatoire, d'un employé sikh, que les forces de polices prennent pour un musulman. Une séquence qui nourris parfaitement la réflexion du film autour des préjugés.