Chloe

Genre : Thriller

Réalisateur : Atom Egoyan

Synopsis :

Une femme pensant que son mari la trompe engage une séduisante escorte girl afin de tester la fidélité de celui ci.

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Avis :

Atom Egoyan passe dans la case "thriller sulfureux" avec Chloe, tentant de marcher sur le sentier ouvert par Basic Instinct dix-huit ans auparavant.

Chloe est un film labellisé "thriller érotique" par les publicistes. Hors, le film n'a d'érotique que le nom : à coté, Basic Instinct est un film pornographique. Certes, Egoyan et son scénariste nous déballe l'abécédaire du sexe avec des termes goutus ("enfourché", "jouir", j'en passe et des meilleurs) et il nous déballe quelques scènes chaudes à l'atmosphère huppé qui n'ont rien de choquant (dont seul se détache du paysage la scène d'amour entre Julianne Moore et Amanda Seyfried). Rien de bien méchant donc, et on constate que le film à été très mal vendu, ce qui peut décevoir ou réjouir le spectateur. Car on est très loin avec Chloe d'un simple récit sur une nymphomane schizophrène qui tue tous ceux qui ne veulent pas d'elle, ou des tribulations sexuelles d'un couple en mal d'amour. Le film se construit plus comme un psychodrame sur la maturité physique, sur le besoin presque mathématique du plaisir charnel, sur la perpétuelle reconquête de l'amour. Le film s'arrête donc sur des préoccupation quotidienne, bien que le machiavélisme du personnage interprété par Julianne Moore a un comportement qui n'a rien de très habituel. Vu comme ça, le récit peut paraitre nunuche, mais Atom Egoyan rend le tout très complexe.

Une complexité qui passe surtout par ses personnages et leurs rapports, extrémement ambiguës : le mari, dont on sait pas si sa fidélité est réel ou inventée, la femme qui se sert de son doute pour assouvir son fantasme, l'escort girl, dont on ne sait pratiquement rien (et qui évite l'explication psychiatrique final) et le fils qui semble avoir un rapport très flou avec sa mère. Et encore, cette exposition est réductrice puisque ces quatre personnages naviguent constamment dans une ambiguïté totale. Le spectateur est donc placé dans une position instable, n'arrivant jamais à cerner totalement les intentions des personnages. Du coup, on prend un petit plaisir à se laissé perdre dans les méandres des désirs de ces héros. Mais cette bonne idée est gâché par un rythme de croisière soporifique qui n'aide pas le spectateur à adhérer au parti pris psychologique opté du cinéaste. D'ailleurs, cette ligne narrative se brise lors d'un mini-final un peu trop "thriller" à défaut d'être "mélodramatique". Malgré ce sursaut Hollywoodien, l'atmosphère sensuel du film y est présente par petite touche, que cela soit par la musique éthéré de Mychael Danna, ou bien par le jeu sensuel des deux actrices. Julianne Moore démontre une fois de plus que c'est une actrice indispensable pour jouer les femmes perdues, dévoilant également toute la beauté et la sensualité de son physique qui n'appartient à aucun canon du genre, et Amanda Seyfried joue parfaitement avec sa sensualité quasi extra-terrestre.

Ceux qui s'attendait avec Chloe à un thriller érotique dans la lignée du film de Verhoven seront déçu. Le nouveau Egoyan est un mélodrame psychologique assez complexe, parsemé de scènes sensuelles assez mordantes. Mais cela ne cache pas les défauts de rythme qui favorise l'installation de l'ennuie chez le spectateur.