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Genre : Drame

Réalisateur : Tate Taylor

Synopsis :

Skeeter, jeune fille fraîchement diplômée en lettre, rêve d'être romancière mais son manque d'expérience lui ferme les portes des plus prestigieuses maison d'édition jusqu'au jour ou elle décide d'écrire un recueil de témoignage sur le quotidien des bonnes noires dans sa ville natale de Jackson.

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Avis :

Après une période très prolixe en la matière, le cinéma américain a cessé aujourd'hui de retourner sur les terres fertiles du ségrégationnisme. Mais l’inconnu Tate Taylor est là pour exhumer la chose, et avec lui son amie Kathryn Stockett, dont il adapte son désormais célèbre best-seller The Help (rebaptisé chez nous par La Couleur Des Sentiments). Une collaboration dont on pouvait craindre le pire puisque, en plus de ne pas avoir encore fait ses preuves en tant que cinéaste, Taylor adapte un succès littéraire sur un sujet dont on peut légitimement redouter le traitement lacrymal. Mais, au final, bien que couvert d'un écrin dés plus académique, le réalisateur prend quelque peu ses distances avec le mélo pour finalement nous offrir deux heures trente d'une belle humanité. Sans jamais prendre en otage nos glandes lacrymales (chose que l'on doit surtout à la justesse de la musique composée par Thomas Newman), le réalisateur nous déplie un beau drame teinté de comédie, ou une "blanche" autodidacte et nature se fait le "nègre" de bonnes noires qui lui dévoilent leurs quotidiens pas toujours très roses chez leurs ségrégationnistes de maîtresses. Et, même si on a déjà tout vu et lu sur le sujet (avec son lot de bus compartimentés et de toilettes séparés), l'intrigue ne s'éffrite que très peu en évitant de trop enfoncer les portes ouvertes, ce qui permet ainsi au film de toujours garder sa fraîcheur gentiment désenchanté d'un divertissement grand public. Taylor réussit également à ce que le spectateur appréhende la pénétrante dévotion de ces bonnes noires grâce à un casting magnifique d'humanité d'ou s'élève la brillante Viola Davis, la fraîcheur d'Emma Stone ainsi que la succulente Octavia Spencer, absolument parfaite dans son rôle de bonnes qui a le verbe facile. Alors même si l'effet d'indignation est assuré avec un sujet aussi classique et une méchante comme celle interprété par Bryce Dallas Howard, La Couleur Des Sentiments reste un film très agréable que l'on se plaît à revoir.

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> Un très bon casting qui nous fait découvrir l'excellente Octavia Spencer

> L'histoire qui dégage un délicieux parfum de délicatesse, d'humour, de tristesse et de bonheur

> Thomas Newman, qui reste, pour notre plus grand plaisir, sur son credo habituel d'une partition au ampleur mesuré

> Une belle gestion du temps (même si 2h20, c'est toujours un peu long)

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> Il n'y a rien là de foncièrement novateur dans l'evocation du ségrégationniste dans le Sud des U.S.A.

> Une réalisation tout ce qu'il y a de plus académique

> Quelques éléments mal amenés (notamment la revelation du secret entre Minny et son ancienne patronne)

> La méchante de service un peu mal dégrossi psychologiquement parlant

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LA SCENE QUI TUE ! (SPOILER)

Tate Taylor parvient, avec brio, à nous tordre le coeur et à nous faire verser notre larme avec le départ riche en émotions d'Aibelene (Viola Davis) de chez sa patronne. Une fin déchirante, magnifiée par la musique de Thomas Newman.