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Genre : Biopic

Réalisateur : Luc Besson

Synopsis :

L'histoire de Aung San Suu Kyi, qui s'éleva contre la dictature Birmane et qui fût assigné à résidence à cause de sa volonté de rétablire une démocratie stable dans son pays natal.

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Avis :

Luc Besson, papa du blockbuster made in France, est un réalisateur/producteur/scénariste qui en a indéniablement dans le pantalon, surtout quand il s'agit de porter des gros projets. Tourné en catimini en Birmanie et en Thailand, le réalisateur nous propos un retour en terre Birmane et sa luxuriante dictature sanguinaire avec ce biopic "engagé" sur une cause "oubliée". Pour cela, on lui propose de mettre en scène la tentative de démocratisation du Myanmar par Aung San Suu Kyi, dit "L'Orchidée de Fer", et qui, suite à sa trop grande popularité, fut assigné à résidence par le régime totalitaire en place. Mais le devoir de mémoire, aussi utile et beau soit il, en fait t-il un bon film ? Évidemment que non et Luc Besson semble l'avoir quelque peu oublié. Car The Lady souffre d'énormément de tics typiques de son auteur. Tics qui ne semblent pas avoir du tout sa place dans ce genre de produit, en premier lieu son méchant dictateur patibulaire, figure rajouté par le réalisateur dans le scénario original, sonnant faux (le dessin s'approche bien plus du Zorg du Cinquième Element que d'un véritable général sanguinaire) et n'imposant pas une réel terreur. C'est donc en voulant créer du divertissement à partir d'un terreaux politique que se brise l'idée de voir enfin Luc Besson s'ouvrir pleinement à une réflexion sur le prix que sa bravoure lui a fait payer. Il ne se concentre donc que sur l'emotion facile que génère cette honorable acte et cette dictature, ainsi que cette immuable amour qui la lie avec son mari (David Thewlis, exceptionnel), auquel le réalisateur apporte d'avantage de place, éclipsant alors le jeu pourtant magnifique Michelle Yeoh. Bien aidée par une musique qui en fait parfois trop et par un montage qui saborde toute tentative d'installer durablement une réelle tension dramatique, The Lady ne peut donc compter que sur le talent de ses interprètes, sur sa très belle photographie et ses louables intentions de remettre sur le devant de la scène un pays encore sous le joug de l'oppresseur.

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> Michelle Yeoh et David Thewlis, tout deux largement à la hauteur de ce que l'on peut attendre de ce genre de film

> Une mise en image sublime de la part de Besson et de son partenaire de toujours, Thierry Arbogast

> Les louables intentions du réalisateur de revenir sur un pays encore aujourd'hui dirigé par un régime totalitaire

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> Beaucoup trop de place accordé au mari et pas assez à cette fièvre qui anime le combat d'Aung San Suu Kyi

> Le traitement du méchant, caricatural et extrêmement patibulaire, typique de Besson

> De grosses longueurs (notamment dans le dernier tiers)

> On a à peine le temps de s'installer dans une scène que l'on est déjà dans une autre

> La musique d'Eric Serra, très bien conduite mais qui en fait beaucoup trop, et des choix musicaux parfois douteux

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LA SCENE QUI TUE !

Aung San Suu Kyi (Michelle Yeoh) traversant la rangée d'AK-47 qui fait face à elle. Le symbolisme crève les yeux (même ceux d'un aveugle !), mais l'effet demeure efficace et jolie à l'ecran.