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Genre : Thriller

Réalisateur : John Curran

Synopsis :

Jack Mabry, fonctionnaire d'un institut pénitentiaire, délivre des rapports sur les détenus bénéficiant d'une remise de peine. Il doit d'ailleurs statuer sur Gerald Creeson aka Stone, incarcéré pour le meurtre de ses grands parents. Voyant qu'il ne pourra le convaincre, Stone demande de l'aide à sa femme Lucetta.

 Stone


Avis :

Stone a récolté la tempête sûrement par ce qu'il parle de religion (thème rédhibitoire au cinéma aujourd'hui, comme le prouve l'ingratitude de la presse envers l'immense Le Livre d'Eli ), et parce qu'il exige du spectateur de savoir décoder les messages livrés par son réalisateur. John Curran et son scénariste transcendent littéralement le pitch de petit thriller pour livrer en réalité une analyse de l'être humain. Pilier central du film, Jack, fonctionnaire consciencieux, a passé des années à écouter les discours prè-fabriqués des détenus dont il détermine le destin ont fait de lui un être froid, qui ne croit en rien ni personne, et surtout pas à la rédemption. Ajouté à cela l'incompatibilité crasse qui l'uni à sa presbytérienne de femme, auquel il n'accorde pas même un regard ou un signe d'affection, et on comprendra de suite que Jack n'aura que faire de la grâce qui semble avoir touché Gerald "Stone" Creeson en prison. Stone interroge donc l'eternité (les vies antérieurs vous poursuivent d'une façon ou d'une autre), le sens que l'on doit donner à la Vie (la nôtre mais également celle de la nature qui nous entoure), la culpabilité, la justice (celle des hommes et de dieu), la foi et les désirs refoulés qui bouffent vôtre âme jusqu'à n'en laisser que des débris fumants. Avec des thèmes aussi élégiaques, il n'est pas étonnant que le long métrage soit très difficile d'accès, surtout que son discours spirituel et religieux, incroyablement passionnant, semble parfois impénétrable. Au final, après une éblouissante progression dramatique, le film laisse le spectateur donner son interprétation de tout ceci, un peu comme il laisse Stone interpréter le mystérieux bourdonnement qui emplit ses oreilles. Mais que l'on aime ou pas Stone, une chose est cependant sûr : la réalisation et la photographie sont sublimes et l'interprétation est excellente avec, en tête, un Robert DeNiro impérial.

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> L'interpretation exemplaire de l'ensemble du casting (mention spéciale à Milla Jovovich, enfin crédible !)

> La réalisation inspirée de John Curran et la magnifique photographie de Maryse Alberti, dont les tons orangés tranche avec le discours très noir du film

> La musique de Jonny Greenwood, d'une gravité infinie

> Le discours du film très fin, qui ausculte des êtres perdues dans leur désirs et dans leur quête de plénitude

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> Il faut obligatoirement posséder un décodeur spécial et être à l'affût de tous les plans pour comprend le film (chose qui se révèle être presque impossible en une seule vision)

> Le rythme n'est clairement pas le point fort du film

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LA SCENE QUI TUE !

La tétanisante scène d'ouverture, ou le jeune Jack (Enver Gjokaj) menace sa femme de balancer sa jeune fille par la fenêtre si celle ci le quitte. La tension de cette scène est palpable, nourrissant également parfaitement le discours du film.