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Genre : Anticipation

Réalisateur : Fernando Meirelles

Synopsis :

Le monde est soudain atteint de cécité. Les dirigeants du monde décide alors de parquer les malades dans des hôpitaux désinfectés afin de contenir la contagion. Dans l'un d'eux se trouve un docteur, accompagné par sa femme, qui est la seule à ne pas être atteinte par le virus.

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Avis :

Récit d'anticipation tourné comme une fable initiatique avec son lot de personnages emblématiques (le voleur, le docteur, l'homme au bandeau), de symbolismes et de morales, Blindness est un très jolie essai qui se démarque plus par son traitement visuel et narratif que par son scénario et son fond de jeu, plutôt classique. Une fois de plus, il est question de mettre l'humanité en porte à faux, de la dépouiller de toute noblesse et de dévoiler en quelque sorte sa véritable nature, qu'elle soit sublime, crasse ou parsemée de doutes et de faiblesses. La cécité "blanche" vient donc arracher au monde son amour propre mais également sa carapace, ces malades exposant leurs véritables natures aux yeux de cette femme voyante qui tente de maîtriser son troupeau qui lui échappe inexorablement. Une ébouriffante force de conviction et une volonté de fer porté par une magnifique Julianne Moore, bergère tenace guidant ses brebis à travers les flammes de cette humanité désolée. Fernando Meirelles met donc de coté la critique politique (le cloac immonde dans lequel les malades sont parqués et l'inhumanité de ses gardiens ne sont qu'esquissés) au profit de la peinture de ces malades, bien plus passionnante d'ailleurs par cette authenticité et cette proximité psychologique que le cinéaste parvient à créer par cette photographie tour à tour désaturée, grisâtre et nimbée d'un voile laiteux absolument sublime. L'atmosphére bariolé, peuplé de moment de grâces, de haines et de violences, permet au spectateur de ne jamais baissé les bras et d'éliminer tout défaitisme existentiel jusqu'à l'avènement de la résolution, qui se fera avec stupeur, douceur mais non sans tristesse et désillusion, comme si le monde repartait de zéro vers un avenir incertain. Blindness devient alors une magnifique fresque humaine !

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> La prestation de l'ensemble des acteurs, en particulier Julianne Moore, toujours aussi magnifique, et Danny Glover, qui trouve ici l'un de ses plus beaux rôles.

> Le choix esthétique du réalisateur qui s'avére particulièrement payant, immergeant le spectateur dans l'univers visuel de ses personnages

> La musique bigarrée, rudimentaire et brute de Marco Antonio Guimaraes, qui ne cède jamais à une quelconque morosité

> La mise en scène du propos sous forme de fable permet de lui redonner une certaine originalité

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> La langueur du film peut, une fois de plus, freiner l'adhesion

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LA SCENE QUI TUE !

L'epilogue, bourré d'émotions contenues, accompagné par la voix chaude et pleine d'humanité du narrateur (Danny Glover). Une très belle scène qui conclût adroitement le long périple proposé par le film.