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Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Richard Fleischer

Synopsis :

En 2022, le détective Robert Thorn enquête sur le meurtre de William Simonson, un riche homme d'affaire. Mais ce qui semble être un simple crime crapuleux cache en réalité un vaste complot.

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Avis :

Film fondateur du genre "anticipation", Soleil Vert est encore, comme beaucoup de film culte de son genre, profondément d'actualité aussi bien dans son propos que dans sa mise en scène. Transposant l'intrigue d'un film noire classique dans le futur, le réalisateur Richard Fleischer nous fait arpenter les ruelles sombres et étroites d'un New-York surpeuplé et embué par un épais nuage verdâtre aux cotés de Robert Thorn, détective en pleine force de l'age qui cultive sa survie grâce à son ignorance du monde passé. Ce n'est qu'au contact de son colocataire et informateur Sol qu'il découvrira alors peu à peu ce à quoi il a échappé et ainsi être gagner par l'amertume d'avoir participer indirectement au pillage de la nature. Dans ce monde défiguré et torturé, le cinéaste battit une intrigue divinement symbolique autour non pas seulement du meurtre d'un homme d'affaire, mais aussi de la destruction de notre eco-systeme qui nous protégeait, quelque part, de notre propre cannibalisme. Le caractère fictionnel du récit lui permet, en outre, d'aller très loin dans la parabole, défiant ainsi les moeurs de l'époque en transformant les femmes en simple objet de consommation jetable et en donnant des rôles dignes aux noires à une époque ou seul les films de la Blacksploitation le leur permettaient. Sous cette peinture prophétique d'un avenir que l'on touche malheureusement aujourd'hui du doigt, Richard Fleischer irrigue son histoire de pointe d'émotions fortes autour de la redécouvertes des sens oubliés par ses personnages, ainsi que par l'affreuse vérité qui viendras éclater suite à une mort aujourd'hui d'anthologie. Soleil Vert est donc un grand classique de la SF et un film indispensable pour se convaincre que notre société est en train de se suicider à petit feu.

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> La prestation d'un Charlton Heston parfait en Moise déchu

> La sérènité d'Edward G Robinson, offrant un parfait contre-poids au jeu fiévreux de son partenaire

> La peinture sociale et sanitaire extrêmement réaliste du futur

> La majestueuse utilisation de la musique

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> Une fin un peu trop abrupte

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LA SCENE QUI TUE ! (SPOILER)

Après avoir découvert la triste vérité, Sol (Edward G. Robinson) décide d'aller au "foyer" afin de mourir. De l'autre coté de la vitre, Robert Thorn (Charlton Heston) fond véritablement en larme et avoue son amour pour le veille homme. Une scène d'autant plus poignante que l'acteur était en train de mourir d'un cancer et que seul Heston était au courant de la souffrance de son partenaire. Une scène affreusement magique, qui marquera à jamais les mémoires des cinéphiles.