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Genre : Polar

Réalisateur : Brian Goodman

Synopsis :

A Boston, Brian et Paulie, deux amis d'enfance, vivent de petits larcins sous la protection de Pat. Quand celui ci part en prison, Paulie et Brian voient plus grand en s'attaquant au traffic de drogue.

Boston_Streets


Avis :

Inédit en salle, Boston Streets tente de prendre la même vague que The Town, la sobriété et l'intimité en plus mais la puissance en moins

Sorti de nul part, ce premier film de cinéma de Brian Goodman (aussi réalisateur pour la télévision pour les séries 24 et Lost) est une de ses agréables découvertes que nous offre parfois les DTV (Direct-To-Video), devenus bien plus riches qu'auparavant. Il faut dire que Boston Streets a de beaux atouts dans son sac, en premier lieu son histoire. Sans être profondément originale (estampillée "histoire vraie"), elle à l'audace de s'intérésser à de petites frappes qui n'ont rien de romantiques ou de fragiles. L'un d'entre eux, Brian, personnage principal de l'histoire, est un alcoolique patenté, père irresponsable, piètre mari, basculant peu à peu dans la drogue. En s'angluant dans le milieu du petit banditisme puis du trafic de drogue, ces deux hommes cèlent leurs destins en s'interdisant toute marche arrière qui pourrait cependant les conduire vers une hygiène de vie encore plus misérable mais plus honnête. Cette histoire noire et peu séduisante n'est pas le pur fruit de l'imagination du cinéaste mais issue de son passé de criminel. Co-signant le scénario avec Donnie Walhberg (qui a lui aussi connu des déboires et qui incarne ici un flic), l'histoire gagne alors en authenticité et en force, que la caméra à l'épaule transcende littéralement, parcourant avec beaucoup de fluidité les lieux "communs" fréquentés par ces petits bandits (bar irlandais, rues, prisons, hôpital) plongés dans un paysage malfamé et laissé en friche. Brian Goodman bénéficie également d'une très belle musique (composée par Alex Wurman), ainsi que d'un très généreux casting, duquel s'élève évidemment l'excellent Mark Ruffalo ainsi qu'Amanda Peet, qui trouve enfin un rôle à sa mesure. A leurs cotés, Ethan Hawke reste impeccable, bien que recyclant son jeu de petites frappes.

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Pour autant, le film de Brian Goodman reste perfectible sur quelques points, en particulier son montage. Coupant parfois brutalement certaines séquences qui méritaient pourtant d'être plus longues, il donne l'impression de survoler les situations sans jamais entrer en profondeur dans le sujet que le réalisateur met en scène. On est donc face à une succession de scènettes coupées les unes des autres par un montage très aléatoires, qui ne permet pas aux spectateurs de s'installer progressivement dans l'ambiance de la ville et de ressentir les enjeux de l'histoire. Car, l'une des conséquences de ce choix artistique du réalisateur est de vider l'histoire de toute puissance dramatique, et la très belle performance d'Amanda Peet n'y change rien. Le morcellement des séquences produit par le montage donne donc naissance à cette sensation de discontinuité dramatique, ce qui prive le film de sa puissance et de son émotion. Enfin, les personnages sont psychologiquement très effacés, à l'exception de Brian et Paulie, deux héros très riches psychologiquement (la rédemption finale de Brian est d'ailleurs douloureusement bien traité). Soit ils ne sont pas assez présents pour s'imposer (le détective Moran, interprété par Donnie Wahlberg, aurait mérité un bien meilleur traitement), soit il ne sont pas suffisamment bien dessinés pour y entrevoir des pistes de réflexion supplémentaires (les motivations économiques et éthiques de Pat reste un mystère, Stacy reste tout le long du film la pauvre femme éplorée).

Boston Streets est donc un bon DTV qui mérite d'être vu juste pour ces deux personnages principaux passionants, ainsi que pour l'excellent jeu de sa troupe d'acteurs.