Source_Code

Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Duncan Jones

Synopsis :

Le capitaine Colter Stevens est renvoyé 8 minutes dans le passé, prenant l'apparence d'un passager d'un train venant d'être la cible d'un attentat, afin d'identifier un terroriste.

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Avis :

Nouvelle tentative dans la science-fiction après l'excellent Moon, Source Code est une seconde grande réussite à mettre sur le compte de Duncan Jones.

Duncan Jones obtient enfin la représentativité qu'il mérite. Moon ayant raflé un nombre assez impressionnant de récompense, son absence sur les écrans Français avait de quoi nous laisser fou de rage. Fort heureusement, Hollywood rattrape le crime en lui octroyant un film plus grand public, plus bankable avec une sortie en salle clé en main. Mais Jones, en fin limier, se ré-approprie totalement l'entreprise à tel point que le film ne ressemble pas du tout à un blockbuster. Source Code doit être d'abord vu comme l'extention logique de Moon. Ici, le cinéaste nous parle une fois de plus du conditionnement du corps, enveloppe charnelle prise en otage par les règles/codes d'une science aveugle et non respectueuse de la dignité de la personne. Après l'ecologie dans Moon, ce sont les nouvelles méthodes d'enquête criminelles et du dévouement militaire qui sont ici remise en question avec Source Code par le biais du capitaine Colter Stevens, condamner ici à revivre inlassablement les dernières minutes de vie d'un passager d'un train pris pour cible par un terroriste. Par ce processus, Duncan Jones parle du monde virtuelle comme d'une réalité parallèle interactif, qui réagit à chacun de nos gestes. L'aventure change alors suite aux actions qu'effectuent Colter, dont la mission est ponctuée de check-points et d'objectifs à atteindre. Ce que met également en scène Jones, c'est cette utopie de pouvoir changer le passé et de réparer les erreurs commises (sans révéler le contenu de l'ultime twist final, le réalisateur démontre qu'on les retardes plus qu'on ne les répares). Cette profondeur, accrue par un vertigineux épilogue, a l'avantage d'être mise en scène par un cinéaste qui n'appuie jamais son propos de façon démonstratif.

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Le cinéaste teinte d'ailleurs son film d'une atmosphère Hitchockienne parfaitement introduite par l'imposant générique d'ouverture hommage à Saul Bass (utilisant ici les lignes réels crées par les rues et voies ferrées de Chicago) et marqué musicalement par la tonitruante composition de Chris Bacon. On sent donc dès les premières minutes la volonté du réalisateur de puiser dans le cinéma des années 60. En cela, on y retrouve des pointes de Quatrième Dimension, ainsi qu'une touche de série B dans son esthétique très vintage (en témoigne l'affreux costume de Colter Stevens). Pour autant, le film ne se livre pas à un pastiche du genre, mais bien un réel hommage aux films auquel le réalisateur a été nourris (n'oublions pas que c'est le fils de David Bowie). Duncan Jones en reprend également la sérieuse efficacité, mettant de coté la surabondance d'action ou d'effets pyrotechniques pour privilégier l'exploration psychologique de son personnage principal et de son thème. L'efficacité narrative est malgré tout de mise puisque, comme dans Moon, Duncan Jones ménage son suspens et ses rebondissements, les délivrant à intervalles réguliers sans toutefois liquider toutes ses cartouches d'un seul coup. La répétitivité de l'évènement principal n'est d'ailleurs pas pénible (contrairement à Angles d'Attaque) puisque apportant systématiquement une nouvelle pierre à l'édifice du scénario. Enfin, l'histoire d'amour, assez semblable à celle présente dans Déjà-Vu, permet d'apporter une tension romantique au film (la femme poussant irrémédiablement le héros vers la mort). Le film tient donc sur la longueur, aidé en cela par un très bon casting duquel se détache l'excellent Jake Gyllenhaal, la magnifique Vera Farminga et l'imposant Jeffrey Wright.

Source Code est donc une série B S.F. marqué par les obsessions d'un futur grand cinéaste. Duncan Jones fait des films personnels, à contre-courant des productions mainstream, et le résultat s'avére être payant. Une brillante réussite.