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Genre : Horreur

Réalisateur : Wes Craven

Synopsis :

Alors que Sydney Prescott se rend à Woodsboro pour une scèance de dédicace pour son livre, le tueur au masque refait surface en massacrant sauvage deux adolescentes. Dowey, devenu sherrif, ainsi que sa femme Gale vont prendre en main l'enquête.

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Avis :

Retour aux sources pour le réalisateur Wes Craven avec un nouveau Scream en forme d'hommage à son petit bébé. Ce qui s'averais un fameux ratage n'est en fait qu'un défouloir jouissif hors-norme.

La premiére grande qualité de la saga Scream, c'est qu'elle se moquait généreusement des codes du film d'horreur en choisissant de mettre en scène des ados conscients que la vie n'est qu'un pur repompage de la fiction (et/ou inversement) fatalement destiné à se repeter encore et encore. Cette question existentielle ("Qui de l'oeuf ou de la poule") prend son envole dés la séquence de pré-générique, fabuleux tour de passe-passe grisant dont il faut précieusement conserver le secret. Taclant par la même occasion la saga Saw et ses suites en série qui cherchent à chaque fois de trouver des fins de plus en plus absurde et ridicule, Wes Craven lance son quatrième opus sur de très bon rails. Une ouverture qui montre également que le réalisateur est totalement conscient que cette suite n'a aucune raison d'être si ce n'est lacéré bruyamment ses jeunes (ou moins jeunes) victimes à grand coup "d'effet bus". Conscient aussi que les codes ne sont pas malléable (comme l'a savoureusement développé le grand penseur Bigard dans un de ses magnifiques sketchs), Craven ne tente même plus de surprendre émotionnellement le spectateur, chaque apparition du tueur étant aussi prévisible que la visite d'une voisine un samedi après-midi pour partager une tasse de café. Un manque de surprise qui fait la force du film puisque le réalisateur se moque autant de lui que des spectateurs qui, sachant le déroulement du film, viennent tout de même payer leurs places de cinéma afin d'assisster à un joyeux massacre. Car, la seconde grande qualité du film, c'est cette connivence entre les personnages et les spectateurs. Une complicité encore aujourd'hui intacte, nourris par les fumantes (mais grisantes) hypothèses concernant l'identité du tueur. C'est d'ailleurs la seule saga ou parler avec son voisin pendant la projection n'est pas perçu comme un crime mais comme une marque de reconnaissance envers le travail accomplit.

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Il rajoute à cela une réflexion amère et cynique sur la célébrité, faisant s'affronter sur le même terrain des antiques gloires (thème qui trouve un magnifique écho dans la carrière des trois acteurs principaux) à des jeunes en quête de reconnaissance, aussi futile soit elle. Mais le réalisateur ne s'arrête pas là puisque, en faisant revivre trois de ses reliques, il rend hommage à ses héros. Car Papa Craven a beau nous faire miroiter pendant 1h40 que les jeunots présents vont prendre définitivement la place de Syd, Dowey et Gale, il n'en est en réalité rien : ces trois récurrences vieilles comme le monde (auquel on peut ajouter le tueur au masque, autre immuable emblème de la saga) sont devenus des icônes immortelles et intouchables d'une génération, des fantômes du passé et des valeurs sûrs sur lesquelles le spectateur peut encore s'appuyer. Craven nous invite par là à revoir le premier Scream, dont ce nouvel opus serait tout simplement le pendant adulte. Scream a donc grandit en même temps que ses spectateurs, aujourd'hui devenus des adultes de 20-25 ans, tirant ici la source de sa fougue et de son énergie. Et, quand bien même le film est plus une comédie noire qu'un film d'horreur, que son scénario soit cousu de fil blanc, que les acteurs ne fassent pas preuve d'une profonde justesse et que l'aspect technologique du décors social soit qu'effleuré, le plaisir de retrouver une ambiance que l'on a jadis cotoyé suffit à nous ouvrir l'appêtit pour, peut-être, un cinquiéme opus encore plus sensationnel.

En résulte donc de cette quatriéme rencontre une joie immense de retrouver intacte l'atmosphére des années 90's. Une décapante auto-dérision, de l'humour noir à la pelle et une séquence d'ouverture d'anthologie démontre que Wes Craven en a encore sous le capot.