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Genre : Comédie

Réalisateur : Rodger Mitchell

Synopsis :

Becky Fuller, jeune productrice exécutive, obtient un poste à Day Break, une matinale dont les audiences sont en chute libre. Pour dynamiser l'émission, elle décide d'engager Mike Pomeroy, un ancien grand journaliste aujourd'hui sur la touche.

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Avis :

Porté disparu des salles de cinéma depuis l'excellent Dérapages Incontrolés, Roger Michell nous revient avec une comedie, genre qu'il avait abandonné en 1999 avec Coup de Foudre à Notting Hill.

Morning Glory n'est pas du genre à remodeler les codes de la comédie romantique, bien au contraire. Tout comme son héroïne, Roger Michell affronte sans aucunes surprises les reliefs escarpés de l'audimat en tentant de trouver l'équation parfaite entre vacheries senioriales à décapé un four et rythme atomique d'une jeunesse intéressée par les futilités de la société de consommation. Day Break semble alors tailler sur mesure pour ce genre de défi trans-générationel. Sauf que cette matinale est en chute libre depuis des mois, liquidant à la chaîne les producteurs et laissant à sa tête un co-animateur égocentrique et pervers. Soudain, Becky arrive et tente, avec son énergie et son bagout, de rattraper la sauce en y ré-injectant un nouvel animateur chevronné mais affreusement caractériel et orgueilleux. L'heure pour le film de nous larguer des caisses de saloperies aussi lourde que drôle. Des chroniques inutiles (les girouettes, les vies antérieurs des stars, inauguration d'une nouvelle attraction), des chroniqueurs ineptes (une spécialiste beauté incapable de faire une phrase correcte) : tout est caricatural dans cette peinture du monde audiovisuel. Mais, une fois entrer dans le jeu du film et de son humour, le spectateur se régalera des bons mots d'une Becky survoltée et des crasses que se réservent les deux fossiles de l'émission. Morning Glory se transforme donc en vaste cours de recrée pour seniors et ménagères, se révélant souvent drôle et cocasse sans jamais sombrer dans le vulgaire ou l'humour pipi-caca. Le réalisateur place plutôt son film dans une veine burlesque proche de la screwball comedy avec ses affrontements de classe (ici le prestige du journalisme) et ses dialogues acérés.

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Il faut dire que le duo que nous propose Michell est pour le moins explosif. D'un coté, une Diane Keaton métamorphosée en Sophie Davant prête à toutes les excentricités pour booster son émission. De l'autre, un Harrison Ford qui joue le rôle "de sa vie" (un homme qui, après avoir affronté toutes les guerres, est contraint de se rabaisser à faire de l'alimentaire), un journaliste  bougon refusant de badiner et de plébisciter les dernières fanfreluches pour midinettes dans une matinale. Avec une telle association, le réalisateur nous donne bien des occasions de nous régaler avec les taquineries immatures de ces deux présentateurs vedettes, exploitant jusqu'à la dernière goûte leurs réserves. Au milieu, il y a la volcanique Rachelle McAdams, déversant son magma sur tous les murs du studio avec une vigoureuse énergie. Une très bonne surprise de la part de cette actrice qui n'a pas toujours eu les moyens de son talent. De très bons atouts qui viennent contrebalancer un scénario très classique et sans aucunes surprises. Car, si propulser son héroïne dés le départ sur une pente descendante peut-être perçu comme une petite nouveauté, en revanche, le sentimentalisme final sent clairement le réchauffé, Day Break devenant une grande famille ou il fait bon travailler. Le réalisateur oublie également complètement sa romance entre Becky et son homologue chargé de la grande messe. Mais force est de constater que cet aspect du film n'est pas spécialement grisante en comparaison des vacheries des deux héros.

Bien plus une comédie qu'une romance, Morning Glory reste un agréable divertissement soutenu par un magnifique trio d'acteurs. De quoi se consoler largement du manque d'originalité de l'intrigue.