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Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Jonathan Liebesman

Synopsis :

Des Extra-Terrestre envahissent la Terre. A Los Angeles, le Sergent Nantz doit mener ses troupes à travers la ville afin d'évacuer les derniers civils vers la zone d'évacuation.

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Avis :

Jonathan Liebesman, réalisateur du sympathique Massacre A La Tronçonneuse : Le Commencement et de l'excellent The Killing Room, se charge de créer l'apocalypse à Los Angeles dans un film de guerre efficace mais piégé par ses qualités.

Il y a un peu plus de six mois, le trailer de Battle Los Angeles a fait l'effet d'une bombe dans la sphère cinéphilique, émoussant vigoureusement l'attente de tous les cinéphiles fans de film de guerre. Après la projection, on peut affirmer que les différents trailers nous ont pas mentis à ce sujet. Car, passé l'habituelle demi-heure de mise en place des personnages, le réalisateur nous plonge dans cette fournaise avec une redoutable efficacité. Regorgeant de fusillade et de scène de destructions massives parfaitement relayés par de magnifiques effets-spéciaux, Battle Los Angeles nous prend donc à la gorge et ne nous lâche plus d'une semelle. Derrière la caméra, Jonathan Liebesman empaquette avec rage son film comme l'aurais fait un Paul Greegrass, c'est à dire avec une caméra à l'épaule, zoomant et dezoomant sans cesse et se permettant des mises au point et des travellings au doigt mouillé. La caméra bouge, tangue et sursaute au rythme des explosions et des balles crachées, se perdant quelques fois dans une action apocalyptique et nous immergeant dans l'enfer du combat tapissé de tôles froissées et de gélatines visqueuses. Les morceaux de bravoures sont épiques (la longue et puissante fusillade sur la voie rapide d'un échangeur routier, le final aux faux airs de Soldat Ryan), la tension est palpable et l'execution parfaite pour un résultat ultra-réaliste, le tout dans les décors d'un Los Angeles caniculaire et dévasté, magnifié par une sublime photographie. Un rythme soutenu également par Brian Tyler, grand compositeur de musique de films d'action, qui déballe une fois de plus l'artillerie lourde pour un résultat musical titanesque.

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Mais ce qui fait la différence entre Paul Greengrass et Jonathan Liebesman, c'est la maîtrise de la mise en scène. Et, au vu du résultat, autant dire que le réalisateur de Battle Los Angeles a encore des progrès à faire sur ce terrain puisque, malheureusement, Liebesman se piège lui même dans ses parti-pris pourtant honorable. La caméra n'est jamais stable à tel point qu'une simple scène de dialogue devient un combat acharné pour ne pas vriller ses rétines  : on passe d'un interlocuteur à un autre par des travellings exécutés brutalement et les rares plans relativement statiques sont accompagnés de zoom/dezoom agressifs. Même les fans de l'esthetique de Paul Greengrass ou de Peter Berg auront bien du mal à s'adapter au style imprimé par le réalisateur sur son film. Durant la première demie-heure, on ne voit donc que ça, ce qui reporte par conséquent le processus d'identification et d'immersion du spectateur. Fort heureusement, notre cerveau s'habitue à la technique (bien aidé par un montage qui rend le tout assez digeste) et, parallèlement, le réalisateur lève le pied sur l'effet reportage de guerre, les scènes d'action étant suffisamment tonitruante pour ne pas avoir à rajouter d'effet de caméra. On touche là également l'autre point faible du film qui est la surabondance d'action. On pourrait ne pas s'en plaindre si cela ne rendait pas le tout répétitif (marcher-tirer-marcher) et linaire (aller d'un point A à un point B). Sans parler des incohérences qui ponctuent le film, le scénario est, dans sa globalité, assez mince, avec des personnages certes charismatiques (les acteurs sont d'ailleurs très bons, Aaron Eckhart en tête) mais bourrés de clichés martelés tout au long du film par la philosophie du Marines vaillant et solidaire. Heureusement, les voir se prendre une belle branlée pendant une bonne heure permet de leur faire ravaler (un peu) leurs fiertés.

World Invasion : Battle Los Angeles est donc un divertissement efficace et bien mené techniquement mais qui souffre d'un scénario pas très fin et une réalisation parfois mal dégrossie.