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Genre : Comédie

Réalisateur : Dominique Farrugia

Synopsis :

 Thomas Gardesse, vendeur pour une société d'alarme, est arrêté pour avoir volé un de ses clients. En prison, afin d'avoir le respect de ses co-détenus, il se fait passer pour Le Marquis, un célèbre criminel expert en explosif. Quentin Tasseau, petit malfrat au service d'un puissant mafieux, apprend la nouvelle et décide alors d'évader Thomas afin de le faire participer à un casse à Manille.

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Avis :

Dominique Farrugia est un homme qui adore nous faire rire, mais dont les incursions derrière la caméra ne se sont pas révélé bonne. Après la réussite de L'Amour C'est Mieux A Deux, il s'attaque cette fois à la comédie d'action avec Le Marquis.

Dominique Farrugia est un grand amateur de cinéma américain et de bonnes blagues. Pour ce nouveau film, il cite volontiers les films d'aventures de Lino Ventura (d'ou peut-être la présence de Richard Berry, qui avait repris le rôle de Ventura dans le remake de L'Emmerdeur), mais aussi Steven Soderbegh (Ocean's Eleven, mais surtout Hors d'Atteinte) et Tony Scott (?). Son nouveau film, Le Marquis, arrive un peu à l'improviste sur les écrans. Pas de grands blabla promotionnels autour du film, ni d'affiches plaquardées à tous les arrêts de bus : le moins que l'on puisse dire est que c'est un film dont on attends rien ou presque (peut-être parce qu'il y a Franck Dubosc). Résultat : Le Marquis est donc loin d'être une bouse, se révélant même être un divertissement gentiment drôle. Mais le film n'en est pas moins pétrie de quelques défauts qui en font une simple petite comédie. Le gros point faible de ce film, c'est ça réalisation. A trop vouloir essuyer ses pompes sur le même tapis que Soderbegh en nous assassinant de split-screen, Domnique Farrugia finis par se prendre les pieds dedans. Une sensation de fourre tout, proche du cache misère (hideuse apparition des noms des personnages) accompagnant une mise en scène qui en fait beaucoup (les sous-titres cartoonesques) pour finalement pas grand chose. Car le film n'a pas du tout cette esprit d'aventure ou de richesse propre à ce genre de métrage (600 Kilos d'Or Pur était autrement plus affûté visuellement). Même à l'époque de Ventura, on faisait ça de façon plus noble et plus crédible. Ici, c'est du toc ultra propre, du luxe discount plus proche du rouge qui tâche d'une marque repère de Leclerc que du nectar pétillant de Max Barbier. Des décors à la mise en scène, tout respire le manque de moyen (peu de grand plan d'ensemble sur Manille) ou le manque de temps (un récit trop vite torché).

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Fort heureusement, l'humour est présent et les acteurs aussi. Certes, le film n'est pas hilarant au point de mourir d'une crise de spasmophilie, mais force est de constater que Dominique Farrugia et ses scénaristes ont su instiller un peu d'humour, certes réchauffé (la scène de baffe tout droit sorti d'un film de Lautner), mais loin d'être bas de gamme malgré tout, évitant la bouffonnerie ridicule ou l'humour gras de rigueur dans ce genre de comédie "bas de gamme". Quelques sourires donc mais aussi quelques ratages (Franck Dubosc qui tente de planifier le braquage dans une ruelle malfamé) viennent gripper la machine. L'histoire demeure très classique, proposant ni plus ni moins un repompage en règle d'un film de Pierre Richard (l'eternel duo con/dur à cuire), et certains personnages secondaires paraissent trop débiles que ce qu'il ne faudrait (les forces de polices sont, une fois de plus, traînés dans la boue). Les acteurs se révèlent quant à eux plutôt convaincants, tenant correctement leurs personnages sans trop les tourner au ridicule. D'abord, le cas Dubosc étonne puisque, pour une fois, il joue sur la retenue, s'abstenant de tout cabotinage pachydermique. Un jeu d'acteur plus "subtile" largement bénéfique pour le film, ainsi que pour sa mécanique comique qui évite de sombrer dans la lourdeur. A ses cotés, Richard Berry fait du Richard Berry : gueule fermée, sourcils froncés et air harassé, tout est là pour que les fans de l'acteur s'y retrouve. Clou du spectacle : Jean-Hughues Anglade en parrain mafieux assez savoureux (avec toutes les mimiques d'un bon Robert De Niro) et Luisa Ranieri, qui incarne magnifiquement sa cruche de femme.

Sous couvers d'une affiche peu attrayant et d'un casting réchauffé, Le Marquis se révèle donc être une sympathique comédie sans lendemain qui se laisse voir sans déplaisir. Dommage que le film tente en vain de nous cacher son manque de moyen.