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Genre : Comédie

Réalisateur : Lisa Cholodenko

Synopsis :

Joni vient d'avoir 18 ans, l'age l'égal pour connaitre le donneur de sperme choisit par ses deux méres, en couple depuis 20 ans. Laser, son frère de 15 ans, la pousse alors à prendre contact avec leur pére biologique, désireux lui aussi de connaitre son pére.

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Avis :

Rare sont les films qui traitent d'un couple de lesbienne. Avec Tout Va Bien - The Kids Are All Right, Lisa Cholodenko dépeint avec beaucoup de sincérité une cellule familiale hors du commun.

Succès surprise au box-office outre Atlantique, critiques dithyrambiques, The Kids Are All Right à eu même la chance de décrocher deux récompenses à la cérémonie des Golden Globes (meilleur comédie et meilleur actrice dans une comédie pour Annette Bening) et de se payer le luxe d'être nominé aux Oscars. Pourtant, devant ce genre de film, qu'il soit indépendant ou non, le spectateur y va toujours à reculons, de peur de se prendre une soufflante humaniste sur la tolérance ou bien de voir ce genre de relation homosexuelle réduit à quelques anecdotes réductrices. Mais c'est avec beaucoup de sincérité et sans aucun militantisme que la réalisatrice Lisa Cholodenko porte cette histoire de famille au cinéma. Le premier point, c'est son scénario. Loin de la glorifier ou de la poser en victime de la société conservatrice, l'homoparentalité est ici présenté comme une simple cellule familiale. Loin de marteler le cerveau de vaines préoccupations autour de l'application de l'autorité virile (qui fait l'homme et qui fait la femme), la réalisatrice nous présente un mécanisme proche (si ce n'est identique) d'un couple hétérosexuel des plus classiques qui n'a donc nul besoin d'être développer à outrance (la scène introductive du repas de famille pose d'ailleurs efficacement les relations qui unissent les personnages). Le véritable sujet du film, ce n'est donc pas l'application de l'homoparentalité dans la vie quotidienne, mais c'est la question du père géniteur. L'histoire tourne autour de la quête du père, qui n'est pas vendu comme la recherche d'une figure masculine virile, mais comme le besoin de compléter un puzzle, de connecter ses passions et ses goûts avec des figures proches aussi bien physiquement que génétiquement. Et, pour une fois au cinéma, ce n'est pas la femme mais l'homme qui vient gripper les relations entre les personnages. Un récit original, sensible et évitant le tire larme de rigueur (mis à part, peut-être, le monologue final de Jules).

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Autre bon point : les personnages et les acteurs. Premièrement, on à rarement vu un couple homo aussi crédible et passionnant que celui composé par la ravissante Jules (Julianne Moore) et la stressante Nic (Annette Benning). L'une est douce, faible, laxiste et désinvolte. L'autre est imposante, sévère, noyant son stress dans des émulsions viticoles alcoolisées (comprendre : vin). Un couple à la fois classique mais qui s'éloigne également des clichés (elles font l'amour devant un film porno gay). Et lorsque la figure masculine s'introduit malgré lui dans le paysage, tout explose. D'ailleurs, Mark Ruffalo est parfait en père arrogant, donneur de leçon (il se prend un gentil petit vent par Nic quand il parle de son métier de restaurateur/cultivateur bio-ecolo). Comme d'habitude, l'acteur campe son rôle avec beaucoup de finesse, créant un personnage qui devient de plus en plus attachant au fil du métrage. Enfin, les deux adolescents sont brillamment joué par Josh Hutcherson (jeune acteur qui trouve enfin un vrai rôle, loin de la frivolité prépubére de ses personnages dans Zathura et Le Voyage Au Centre De La Terre) et Mia Wasikowska, bien plus crédible quand dans Alice Au Pays Des Merveilles. Des portraits d'adolescent qui échappe aussi aux canons du genre (la fille n'est pas obsédé par sa sexualité, le garçon n'arrive pas à imposer son caractère). Des portraits de personnages finement dessinés, mais qui se révèle malheureusement incomplet, laissant quelques vides dans les actes des personnages (par exemple concernant les sentiments que Jules éprouve envers Paul).

Malgré les quelques zones d'ombres laissé par un scènario soucieux de ne pas versé dans le démonstratif, The Kids Are All Right demeure une comédie dramatique enlevée, abordant les questions de l'homoparentalité et de la quête identitaire avec beaucoup de sensibilité et de fraicheur. Une belle surprise.