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Genre : Comédie

Réalisateur : Ivan Reitman

Synopsis :

Le destin fait croiser régulièrement Adam et Emma, deux amis d'enfance. Il décide alors d'être des "sex friends", des amis de cul, et se jurent de se séparer si les sentiments s'en mêle. Mais au fil de leur rencontre, Adam tombe fou amoureux d'Emma, qui elle, évite de s'engager dans une histoire d'amour sirupeuse.

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Avis :

Ivan Reitman régresse dans une comédie régressive au possible, manifeste d'une société tout aussi regressive. C'est con, c'est parfois drôle, mais c'est surtout très oubliable.

Il fut un temps ou Ivan Reitman était un cinéaste important dans le paysage comique américain : SOS Fantomes, Un Flic A La Maternel, Jumeaux, Junior. On pense ce que l'on veut mais ces films ont au moins marqués leur époque. Mais voila, le réalisateur à mal négocié le cape des années 2000 et, depuis dix ans, il nous livre des films de plus en plus miteux. Aujourd'hui, sans atteindre le dégrée 0 de la comédie romantique, ni faire pire que la mixture sirupeuse de Love & Autres Drogues, le cinéaste nous donne à voir un film très très banal dont on ne tire absolument rien. Le film n'est pas désagréable pour autant et on se surprend même à ne pas être tenté à regarder sa belle montre Babar ou Polly Pocket. Mais Sex Friends est un film malade, qui nous tends un miroir sur notre société prépubére. Pour preuve : les gags sont régressifs à souhait (bouquet de carotte, séduction de deux lesbiennes et voir son père se payer son ex-copine son au menu des blagues) et s'inscrivent parfaitement dans cette époque peuplée d'adulescent nourris aux blagues Carambar et aux devinettes Apéricube tout en se regardant le nombril en pensant que le monde serait bien triste si ils n'existaient pas. Quelques part dans le film, entre les lignes d'une romance surannée que l'on nous ressert comme une nouvelle recette de camembert Président, le jeune spectateur s'y retrouve dans ce portrait de jeunes cons intéressés et puéril. C'est pour cela que le film est peut être plus intéressant que la partie de jambe en l'air de deux heures que nous a servit Edward Zwick le mois dernier. Mais il faut reconnaitre également qu'il n'y pas grand chose de comique dans le film. C'est gentil, c'est sympa, mais ça ne dépasse jamais le petit rire polie.

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Dans Sex Friends, il y a donc le mot Friends, chose respecté à la lettre dans le film puisque les deux tourtereaux ne se déplacent jamais sans leurs troupes de copains. Mais il y a aussi le mot Sex, ce que semble avoir oublié dans sa grande sagesse le réalisateur. Toutes les scènes de sexes sont compulsées dans une seule et même séquence éclaire (et encore, voir des pieds dépassés d'un canapé ou être nu comme un ver sous un trench-coat, j'appelle pas ça du sexe mais plutôt de l'éfeuillage passif). Ce n'est même pas avec le doigt que Ivan Reitman titille notre ouverture sexuelle, mais avec la jambe d'un pachyderme, casant un homo et des lesbiennes histoire de rendre le message de Sex Friends plus universelle et plus "in". Sex Friends est aussi un film qui rassemble. La plus cruche des spectatrices comme le plus instruit des binoclards deviendra, le temps d'un long-métrage, la Madame Soleil qu'il a toujours rêvé d'être (ou comment un film peut être à ce point prévisible). Par contre, si il y a bien quelque chose de drôle dans cette comédie, c'est de voir que Natalie Portman, actrice que l'on couvre de fleurs et de récompenses pour son rôle dans Black Swan, peut se metamorphoser très rapidement en pantin désarticuler avec un jeu d'actrice aussi aiguisé qu'un couteau suisse chinois, se limitant aux rires crispés et à mimer la jeune fille bourré. Le cas Kutcher dois cependant resté dans le fond des waters, sa carrière étant bloquée sur le mode "pilote automatique" depuis trois ans. Seul Kevin Kline et Lake Belle arrivent à hisser leur rôle au dessus de la moyenne.

L' (unique) intêret de Sex Friends est de nous montrer à quel point la jeune génération est puéril et pas drôle. Cela ne méritait cependant pas un traitement aussi bête et peu original.