Les génériques d'ouverture se font de plus en plus rare au cinéma. Cette incontournable porte vers l'univers diégétique (qui poussait, par ailleurs, les compositeurs à écrire un thème principal - véritable carte d'identité sonore du film) est bien souvent remisé en clôture de celui ci (ce qui à donc conduit la musique à devenir de plus en plus athématique). Désormais, le spectateur désire être plongé de suite dans le coeur de l'action sans passer par la liste (non exhaustive) du staff technique qui a permis au film de voir le jour. Les génériques d'ouverture (ou "Openning Title" ou encore "Openning Credit" pour ceux qui veulent se la jouer JCVD), se font donc de plus en plus rare. Heureusement, les rares films qui en possède un sont de toutes beautés. Je ne vais donc pas radoter l'excellent article que Max à écrit sur le sujet (visible ici), mais juste présenter brièvement six génériques qui sont, pour moi, très bons, voir excellents.

Info : Vous pouvez accéder à chacun des génériques en cliquant sur l'image correspondant.


Shining (1980)

The_Shining

Prophétique, ce générique met en place tous les ingrédients qui vont composer la lente dislocation de la famille Torrance. L'isolement (figuré par cette petite ile perdue sur un lac), le dédoublement (le reflet du paysage dans l'eau qui en livre une réplique inversé), la perdition (cette voiture perdu dans l'immensité du Colorado), et l'élèment fantastique (ces vociférations indiennes venues d'outre tombe). Inquiétant jusqu'au malaise, ce générique a donc de quoi nous faire sérieusement claquer des dents.

Le Royaume (2007)

The_Kingdom

Peter Berg nous concocte ici un générique aux allures de documentaire qui vaut tous les cours d'histoire du Moyen-Orient du monde. On peut penser ce que l'on veut de Royaume, on ne peut cependant pas nier la volonté du réalisateur d'acoler à son film une dimension historique. Une ouverture qui nous dévoile donc, en toute objectivité et avec efficacité, les liens de longue date unissant l'Arabie Saoudite aux États-Unis. Concis, dynamique et instructif, en une mot : une pépite !

Quantum Of Solace (2008)

Quantum_of_Solace

Parce quand on parle de générique, il faut toujours citer un James Bond, j'ai choisit de prendre celui de Quantum Of Solace.  Ce n'est évidemment pas le plus emblématique (Casino Royale est dix-fois mieux dans ce domaine - comme dans bien d'autres), mais ce générique y incorpore tous les codes de la franchise : femmes dont les voluptueuses courbes se confonde avec les dunes du désert, un James Bond qui tombe au ralentit et la fameuse représentation de l'œil (on passera sur l'interprétation purement sexuelle). Ce qui nous permet également de découvrir la très sympathique chanson titre, Another Way To Die, interprété par Alicia Keys et Jack White.

Moon (2009)

Moon

Outre le fait de porter à la connaissance du spectateur les diverses missions quotidiennes que Sam Bell effectue sur la surface de la Lune, cette séquence, portée par la sublime musique composée par Clint Mansell, est également le support visuel du générique. Comme David Fincher pour Panic Room, Duncan Jones utilise cette forme du texte incrusté dans le monde diégétique pour sublimer son ouverture et la rendre doublement informatif (à la fois sur la conception du film et sur le boulot effectué par le héros), et peut-être aussi pour introduire le thème du clone (la police et son ombre/l'original et la copie ?!).

Up In The Air (2010)

Up_In_The_Air

Jolie alternative au classique banc-titre, le générique d'In The Air nous fait voyager à travers les États-Unis sur la délicieuse chanson de Sharon Jones, This Land Is Your Land (littéralement "Cette terre est ta terre", le héros, Ryan Bingham, faisant ici de n'importe quels territoires son domicile). Progressivement, les bordures type "carte-postale" disparaissent, et les paysages s'imbriquent, créant alors un patchwork (les voyages de plaisance font désormais place aux voyages d'affaire). Pas le générique le plus révolutionnaire de tous les temps, mais certainement une des plus délicieuse mise en bouche du genre.

Buried (2010)

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D'une redoutable efficacité sonore (la puissance du score de Victor Reyes) et visuelle (se résumant à du texte et des bandes jaunes), le générique d'ouverture de Buried s'inspire des travaux de sieur Saul Bass (Pyschose, Vertigo, La Mort Aux Trousses). Vertigineux (mouvements ascendants, descendants, transversaux, rotatifs), il se paie même le luxe de quelques incrustations, illustrant à la fois le profession du membres de l'équipe technique nommé (monteur = lien, producteur = billet, scénariste = calligraphie), et les différents obstacles que va rencontrer le héros (les liens, le poids de l'argent et de la paperasserie).