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Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Joseph Kosinski

Synopsis :

Alan Bradley reçoit un message du bureau d'étude de Kevin Flynn, 20 ans après sa disparition. Sam Flynn, son fils, décide alors de partir à la recherche de son pére dans la Grille, le monde virtuel conçu par son père.

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Avis :

Les fossoyeurs de chez Disney déterre Tron pour le remettre à neuf et nous livrer une suite. Le résultat est séduisant mais loin d'être profond.

Le film est attendu de pied ferme depuis un bon moment déjà. A grand coup de trailers et autre coup marketing magnifiquement huilé (relayé en grande partie par la participation évènement du groupe Daft Punk), le studio Disney a créé l'attente chez les spectateurs et un besoin irrémédiable de découvrir le film, si possible en 3D (ce que je n'ai pas fait dans ma grande sagesse de cinéphile avertit depuis Alice, autre exhumation fumeuse du studio). Peut-être que les réfractaires de cette technologie ont eu tort de le découvrir en 2D tant le film de Kosinski fonctionne entièrement par la puissance de ses images. Pour sur, les bande-annonces en pagailles ne nous ont pas menties : Tron l'Heritage est une bombe visuelle de tous les instants. Le design de La Grille est magnifique, les lumières incandescentes de cette cité numérique embrase chaque plan, laissant ainsi ce monde se livrer pleinement à nos yeux. Les effets numériques ne viennent jamais alourdir ou enlaidir le film et son décors, parvenant même à se noyer dans une certaine idée de la réalité (bien que le relooking de Jeff Bridges ai vraiment du mal à passer à l'image). Le rythme est infernal, le réalisateur orchestrant de superbes batailles digitales, entre un affrontement dantesque aux disques, une magistrale course de motocycle et un final en avion de combat. L'occasion également de constater que le groupe Daft Punk n'est pas venu pour enfiler des perles, mais bel et bien pour donner vie musicalement à l'univers de Lisberger. Une premiére entrée dans le cinéma fracassante pour le groupe Versaillais. C'est donc un sans faute technique pour Jospeh Kosinski, parvenant sans mal à nous balader dans ce monde virtuel que l'on découvre par les yeux de Sam Flynn.

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Mais on aimerai tant vanter les mérites de son scénario. Depuis quelques temps, le parent pauvre des productions Disney, c'est le scénario (bien que Alice souffrait aussi d'un énorme probléme de rythme). Là, si le film est palpitant d'un bout à l'autre, il n'en vas pas de même pour son scénario, qui empeste le politiquement correcte "made in Disney" à plein nez. La relation père-fils est traité de façon très enfantine et très classique : le fils qui refoule l'image paternel alors qu'ils ont une psychologie analogue (sans parler de leur chaumière, strictement identique). Le fond politique de l'affaire n'est pas très éblouissant non plus puisque Disney nous rabâche une fois de plus la tyrannie avec son lot de génocide et de "reprogrammation" (sa rhétorique dictatoriale digne d'un Hitler et son lot de lavage de cerveaux), le tout avec un brin d'Avatar (le peuple en harmonie avec la nature qui se retrouve opprimé). Sans parler de cette analogie pas très finaude au créateur/dieu. La démarche, aussi minime soit elle, de donner un peu de consistance à l'artifice est donc présente, mais ça reste à un niveau primaire, le réalisateur ne poussant pas plus loin l'analyse des multiples thèmes qui s'offraient à lui (contrairement à un Avatar), ne demandant donc pas aux spectateurs de faire un puissant effort intellectuel. Sans compter que certaines passes de dialogues semblent être extraites de la bibliothèque rose ("Tu avais raison" - "A propos de quoi ?" - "A propos de tout" : vive le message subliminal de comptoir PMU). Fort heureusement, les quelques touches d'humour délivrer par Sam Flynn font leur petit effet. Les acteurs sont aussi plutôt bon, Jeff Bridges et Garrett Hedlund en tête, et Olvia Wilde à un rôle plutôt consistant, très loin d'entrer dans le rang des potiches sans cervelles. Dommage que Michael Sheen, excellent acteur, en fait trois tonnes en gérant de boite de nuit.

Au final, le spectacle visuel est au rendez-vous, mais il en ressort un goût d'inachevé, le métrage étant peut être trop court par rapport à la densité de son scénario. Tron l'Heritage reste donc un divertissement strictement technique mais sans arrière pensée.