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Genre : Science-Fiction

Réalisateur : Miguel Sapochnik

Synopsis :

Dans le futur, une agence appelé L'Union vend des organes artificiels à crédit. Ceux qui ne paient pas leurs crédits reçoivent la visite des Repo, des spécialistes qui récupèrent les organes des clients insolvables.

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Avis :

Melting-pot des genres, Repo Men est un film aussi ridicule que talentueux, aussi beau que moche, aussi profond que vain. Un film qui est tout et rien à la fois.

Le jeune réalisateur Miguel Sapochnik nous parachute dés le début du film dans une société "Bladerunnerisée" : une ville aux buildings immenses ou sont placardées des pub en tout genre et ou pullulent des hommes d'affaires vicieux, laissant les pauvres habitants/clients des bas fonds consumer leur organes. Que faire alors pour survivre quand on a plus de reins, quand on a un pancréas bousillé ou que notre cœur nous a lâché ? L'unique solution : l'Union. Une magnifique entreprise au discours aussi bien huilé qu'un préservatif, ou Cerise de Groupama fait place désormais à des hommes déguisés en rein ou en cœur pour attirer la jeune clientèle. Une société qui vous vend des organes à crédit pour "le bien de votre famille". Mais attention, en cas d'impayé, les Repos Jude Law et Forest Whitaker viennent vous charcuter afin de reprendre votre organe de substitution. Et là, vous vous reposez les yeux dans une boite en sapin sans la possibilité de faire valoir vos droit auprès de Julien Courbet. Tout ce passe bien donc, jusqu'au jour ou notre chère Repo Law se prend un méchant choc électrique et se réveille avec un cœur en plastique (encore une belle allusion au héros de Blade Runner mi homme-mi machine). Il se retrouve alors dans la délicate situation du débiteur, et récupère en chemin une charmante femme qui fuit les Repos. C'est alors le début d'une course contre la montre pour les deux fugitifs, et le début d'un film bien barré. Car l'idée de base est plutôt bien trouvé, exploitant les peurs socialistes les plus profondes (plus de Secu = on l'a dans le c** !) et les pires dégueulasseries du capitalisme (c'est mieux pour l'économie des industries de payer à crédit que contant). Le tout avec des Robocop chirurgiens marqués d'un code barre (métaphore de l'homme devenu marchandise) qui assouvissent ce besoin viscérale de découper de la chair humaine. Le tout avec une grosse louche d'ironie très série B, qui donne beaucoup de corps au film.

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Mais comme souvent dans ce genre de film, c'est la réalisation et la mise en scène qui pêche. Se côtoie alors ici le meilleur et le pire en matière de science-fiction, entre mauvais goût et éclair de génie. D'abord, l'utilisation de la musique en contrepoint à des effets variables, rendant au choix la scène terriblement lourdingue (découpage d'un client sur fond de Everyday Will Be Like A Holiday) ou magnifiquement séduisante (sublime scène de scanner en forme de mambo sur Sing It Back de Moloko). De même, certaines scènes d'action sont soit bien exécutées (celle ayant lieu dans l'aéroport, ou bien l'ultime baston dans le siège de l'entreprise), soit sans aucun génie (celle ou s'affronte Law et Whitaker). Les effets spéciaux et les décors sont aussi très aléatoire, entre empilage grossier de références au cyberpunk (la ville façon Blade Runner du pauvre) et décors magnifiquement épuré (le vertigineux laboratoire dans le siège de l'Union). Et ça continue encore avec les traits d'humour, qui marche à intervalle irrégulier. Si on devait découper le film, on dirais que la première partie manque de punch et s'enfonce dans un humour pas drôle (les ignobles retours en arrière dans le passé du héros pour découvrir sa formation) et que la seconde gagne en efficacité (dans l'action et la comédie) et en profondeur. Sans parler du twist final plutôt sympathique et original. Les acteurs font quant à eux leur boulots sans verser dans le cabotinage (mise à part Forest Whitaker qui est un peu fêlé de la cafetière). Jude Law s'en sort bien, tout comme Liev Schreiber (même si dans un rôle un peu coincé) et Alice Braga, excellente en femme d'action. Par contre, on se demande ce que fait Carice Van Houten dans un film pareille tant celle ci semble pas du tout coller à l'ambiance du film (elle se contente de faire du boudin tout le long du film).

Il y a donc du bon et du mauvais dans ce Repo Men, qui a la mérite cependant de se différencier de la masse de film de science-fiction avec une idée de base bienvenue et quelques petits éclats de mise en scène.