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Genre : Aventure

Réalisateur : Peter Weir

Synopsis :

Sept prisonniers s'évade d'un Goulag afin d'échapper au régime communiste, entamant alors un long périple de 6 500 km à travers l'URSS, La Mongolie, Le Tibet et L'Inde.

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Avis :

Après The Truman Show et Master and Commander, Peter Weir clôt sa trilogie sur la quête de liberté  avec Les Chemins de la Liberté.

C'est au carrefour de la reconstitution historique, du film d'aventure et du drame humain que se place le dernier film de Peter Weir. Les Chemins de la Liberté parle bien évidemment de liberté, mais pas uniquement au sens humaniste ou purement physique, mais également au sens moral du terme. C'est là que réside en parti l'intérêt du film : ne pas se contenter de l'aspect sensationnel du sujet et lui donner une dimension beaucoup plus intime. Chaque personnage perçoit ici ce voyage comme une seconde chance de pardonner, de se pardonner et d'accepter cette part d'ombre qui les composent. Peter Weir se propose donc de focaliser la tension sur les liens et les secrets des différents protagonistes, nous les dévoilant par l'intermédiaire de Irena, la jeune fille qui rejoint en cours de route nos sept prisonniers. Une aventure à l'échelle humaine qui évite l'hymne dégoulinant et de baver à tout bout de champ sur le régime communiste. Le réalisateur n'impose donc pas son point de vue sur le régime, ni sur les protagonistes, nous apportant les ingrédients de bases afin que le spectateur livre sa propre analyse psychologique des personnages (Valka et ses multiples tatouages qui témoigne de sa ferveur passé envers le régime). Cela peut être interprété comme de la fainéantise de la part du cinéaste, mais franchement, il n'y a pas besoin de plus pour comprendre leurs démarches et leurs histoires personnelles. Ce qui explique donc que l'Histoire soit totalement en retrait, ne faisant son apparition qu'à la toute fin du métrage ou Peter Weir met brillamment en parallèle cette marche avec celle, tout aussi longue, de l'Europe vers la liberté. Une belle ouverture qui ne manque pas de génie.

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Les Chemins de la Liberté n'est pas non plus le puits d'émotions fortes attendu. Le film est aussi froid que la forêt Sibérienne et aride que le désert de Gobie. Il faut dire aussi que ce choix traduit parfaitement les relations frigorifiques qui lient les différents personnages, et cela est expliqué dans le film par la vie sauvage et implacable au Goulag. Mais même si ce parti pris et totalement justifié dans le récit, ceci nous empêche pas de porter un regard distant vis à vis des évènements et des personnages, la camera restant toujours en retrait par rapport à l'action. De même, certaines transitions/ellipses entres deux séquences sont assez violentes, ce qui nuit à la fluidité de l'ensemble. Mais ces défauts n'empêchent pas la somptueuse réalisation de Peter Weir de s'épanouir dans de sublimes panoramas, donnant beaucoup d'importance aux magnifiques décors en milieu naturel (le film n'est pas produit par la National Geographic pour rien !). Peter Weir en profite d'ailleurs pour créer une relation ambiguë entre la nature et les prisonniers, à la fois hostile (obligeant les hommes à se comporter comme des animaux) et rédemptrice. Une envergure qui se dégage également par le travail de Bukhard Dallwitz à la musique. Tantôt minéral, tantôt épique, la bande son apporte de l'ampleur à l'histoire, mettant en communion à la fois l'intimité de l'homme et l'immensité de la nature. Enfin, le casting quatre étoiles parachève efficacement ce film. Outre Ed Harris, toujours admirable en vieux sage, Colin Farrell, impeccable en criminel perdu, et Saorise Ronan, parfaite en jeune fille solitaire, c'est l'excellent Jim Sturgess qui retient le plus l'attention en guide spirituel dévoué et obstiné.

Les Chemins de la Liberté est donc un excellent film d'aventure qui se focalise sur ces personnages et leurs relations avec la nature, laissant de coté l'aspect spectaculaire de l'intrigue.