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Genre : Action

Réalisateur : Michel Gondry

Synopsis :

Jack Reid, patron du journal Daily Sentinel, meurt. C'est donc son fils, Britt, qui hérite de l'empire de son père. Kato, le garagiste personnel de Reid, va alors l'entrainer dans un combat contre le crime.

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Avis :

L'infirmier Gondry revient nous donner une piqure de rappelle de The Green Hornet. Ou comment faire un film cool sans que cela ai l'air ostentatoire.

La grande qualité du film, c'est de ne pas faire comme les autres. Ici, on est loin du héros martyre d'une société melgalomaniaque, meurtri par des blessures profondes qui ne se refermeront jamais. Ici, la mort du père n'est pas vécu comme un coup de poignard en plein cœur, mais plutôt comme la fin d'une longue vie faite de réprimande et ou, enfin, les salles gosses peuvent sortir s'amuser avec des jouets dangereux et jouer les gentils devant de grands méchants pas beaux. Britt Reid et Kato sont ses salles gosses qui ont grandi avec l'image d'un patriarche con et autoritaire. Un motif suffisant pour couper la tête du père monarchique, comme cela s'est fait en 1793. Ce n'est donc pas du coté de Batman et de Nolan qu'il faudra pécher les références présentes dans The Green Hornet, mais plutôt du coté de La Panthère Rose (immense hommage via cette irrésistible séquence de combat entre Reid et Kato). C'est ici donc que l'on tient l'esprit de Michel Gondry : son immense respect envers la comédie juvénile et délirante, à l'instar des films de Blake Edwards. Du coup, on a l'impression de voir un nouveau film avec de nouvelles règles, alors que celles ci ne sont que reprises d'un genre totalement à part du super-héroïsme, mais qui colle parfaitement aux origines télévisuelles du Frelon Vert. Que cela soit le méchant trafiquant de drogue totalement pathétique, ce héros dont le crétinisme n'a d'égal que son orgueil, ou encore ce coté kitsch et clinquant des décors, tout ce qui nous ai donné de voir sort de l'ordinaire cinématographique. Le réalisateur et les scénariste en profite pour salir la figure du héros (Britt Reid est un personnage au début répugnant et odieux) pour révéler celle de l'assistant chez lequel réside la magie et le bonté d'un véritable héros. Un duo aux relations plus complexe et moins ordinaire que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Le tout soutenu par quelques petites idées de réalisation retro qui enfonce encore plus le film dans l'hommage au 60's (séquence de split-screen ou on sait plus du tout ou donner de la tête).

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L'humour du film est aussi très juvénile. On est ici très loin de l'humour gras ou au dessous de la ceinture que Seth Rogen nous avait habitué à côtoyé dans les productions Apatow. Ce sont plus des blagues de gamins, des chamailleries de cours d'école que le film nous sert sur un plateau d'argent pour notre plus grand plaisir. C'est aussi cette insouciance et cet amateurisme qui nous rappelle les précédents films de Michel Gondry (Eternal Sunshine, et surtout Soyez Sympas, Rembobinez). Ses savoureuses répliques permettent aux acteurs de s'en donner à cœur joie et de partager ce plaisir avec le spectateur. Aucune surprise du coté de chez Christoph Waltz, toujours aussi exquis en méchant très ridicule, ainsi que chez Cameron Diaz, qui joue magnifiquement la bimbo à cervelle. En revanche, on est bien plus étonné par Seth Rogen, crédible dans la peau du Green Hornet, ainsi que Jay Chou qui fait un excellent Kato. Enfin, les délicieux cameo de James Franco et de Edward Furlong viennent bouclé un casting en béton armé. Par contre, on ignorais que Michel Gondry était aussi doué pour l'action. Car, si le film est très comique, c'est aussi et surtout un film bourré d'explosions et de cascades. D'abord, les bastons en mode "Kato view" (Terminator mélangé à Matrix) sont vraiment de toute beauté (un des passages ou Gondry peut se lâcher visuellement). Ensuite, les poursuites en voitures sont haletantes, en particulier l'ultime séquence, ou la rutilante Black Beauty du Frelon Vert dévoile toute une panoplie de gadgets qui ferais pâlir notre cher 007 (gros clin d'œil à notre cher espion et sa voiture coupé en deux de Dangereusement Vôtre). Un parfait mélange d'action et de comédie servit par l'énergique composition de James-Newton Howard.

The Green Hornet est donc le genre de piqure que l'on voudrait avoir plus souvent au cinéma. Un divertissement détendu qui remplit largement son cahier des charges.