Le_Dr_le_de_No_l_de_Scrooge

Genre : Animation

Réalisateur : Robert Zemeckis

Synopsis :

Ebenezer Scrooge est un vieux banquier grippe-sous et inhumain. A la veille de Noël, il reçoit la visite de son associé, mort sept ans auparavant, pour lui annoncer que trois fantômes de Noël vont venir lui rendre visite.

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Avis :

Robert Zemeckis, réalisateur grand public qui s'est recyclé dans l'animation pour dieu sait quelle raison (Apparences surement !) nous ressert une énième lecture du roman de Dickens, A Christmas Carol.

Personne, même pas une vielle femme troglodyte, même pas un mineur chilien, ni une miss Perou ne peuvent dire qu'ils n'ont jamais entendu parler du Conte de Noël de Charles Dickens. C'est le genre de bouquin qu'on lit (ou pas ;) au collège, le genre de paperasse féerique et fantastique que nous vend à tour de bras des professeurs de français idolâtrant toujours les même auteurs. Ses adaptations télévisuelles se comptent également par centaines, entre téléfilm de dimanche aprem' sur TF1 et vieux métrage tournant en boucle sur Arte. Aujourd'hui, Zemeckis à l'ingénieuse idée... que dis je - la divine illumination - de nous présenter une adaptation en motion capture du célèbrissime conte de Dickens. Un projet qui sent le sapin puisque il n'y a rien de flamboyant de re-re-re-tourner une version du livre, et nous servir l'adaptation en stop motion n'est pas un acte suffisant pour ameuter des gens en salle et ouvrir l'appétit à des réfractaire de cette technologie (Le Pôle Express ne fût pas une expérience concluante). Pourtant, le film s'en tire avec les honneurs puisque, si le cinéaste reprend au pied de la lettre prêt le déroulement de l'intrigue, le résultat esthétique est cependant somptueux. Le cinéaste, que l'on avait pas sentit aussi inspiré visuellement depuis un bon bout de temps, vivifie un récit vieux de plus de 150 ans grâce à une prodigieuse modélisation du Londres du XIX siècle.  Le survole de la ville en ouverture transporte de suite le spectateur dans ce monde passé. Et puis vient la drame : les personnages sont d'un réalisme et d'une beauté inouïe. Zemeckis nous convainc enfin de sa technologie. Outre les bluffantes expressions des différents personnages, c'est cette étonnante ressemblance avec les acteurs "motion capturer" qui scotch au fauteuil. On reconnais tout de suite Gary Oldman et Bob Hoskins, sans parler de Jim Carrey qui, sous cet amas de rides numériques, conserve ses expressions.

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Mais la réussite du produit ne s'arrête pas à là. Car, en plus d'être magnifique, Le Drôle de Noël de Scrooge est également diablement efficace. Zemeckis nous concocte ici un inoubliable grand-huit de sensation et d'émotion. Il nous émerveille avec ses décors de toutes beauté (la pendule géante, Londres, la vertigineuse pièce du deuxième fantôme de Noël), nous fait vibrer et nous attendrir que il nous parle d'amour (l'évocation de la vie familiale de Cratchit nous étreint le cœur plus d'une fois), et nous fait sursauter quand il faut faire peur (le troisième fantôme de Noël noirci magnifiquement le tableau du vieux Scrooge). Et puis, le film réserver quelques grands moments d'action et d'émotion, comme cette diabolique poursuite entre La Diligence de la Faucheuse et Scrooge. Le direction artistique est sublime d'un bout à l'autre du film, que cela soit les décors, les costumes ou la photographie. La musique de Alan Silvestri est également sublime. Si il reprend principalement des thèmes et chants de Noël connus, il transforme, par sa composition et son talent de conteur d'histoire musicale, les partitions encore plus scintillantes. Le récit, quant à lui, est extrémement classique : le vieux avare qui va se trouver une nouvelle humanité. Autant dire que l'on sait ce qu'il va se passer et comment cela va se terminer. Mais, ce qui apporte avant tout ici, c'est comment ce Scrooge va se redécouvrir, ainsi que les chemins qu'il va choisir pour y arriver. Mission réussit pour Zemeckis, qui nous fait oublier les poncifs du récit afin de privilégier l'aventure et les sensations.

On dit que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleurs soupes. Ce dictons passé de mode par la folie du remake ce vérifie ici, Robert Zemeckis construisant un étincelant conte de Noël, dont l'extrême classicisme n'a d'égale que son impressionnante facture technique.