L_Apprenti_Sorcier

Genre : Fantastique

Réalisateur : Jon Turtletaub

Synopsis :

Dix ans après sa traumatisante rencontre avec Balthazaar Blake, un sorcier qui s'est retrouvé prisonnier dans une urne avec son ennemi juré, Maxim Horvath, Dave Stutler recommence à se reconstruire. Mais, alors qu'il renoue avec son amie d'enfance, Maxim et Balthazaar refont surface.

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Avis :

Jon Turteltaub et ses deux Benjamin Gates ont fait de lui le cabot préfère de Disney, le "Yes Man" en qui on peut avoir confiance et à qui on peut lui refiler tout, même un projet qui sentais bon le grimoire desséché.

Mais L'Apprenti Sorcier se révèle être un vrai divertissement, au charme suranné des 90's propulsé par cette énergie à faire des clins d'œil à tout vas (Indiana Jones, Star Wars pour ne citer que les plus importants) et à dégueuler des vannes à trois balles bien tordantes. Alors que le film commence comme... un mauvais film (en mode montage à se vomir sur les pompes), L'Apprenti Sorcier reprend vite fait le chemin du bon divertissement avec un retour à un montage plus calme et moins haché (le monteur étant peut-être revenu, le temps d'une pause sandwich, devant son banc de montage !?). D'une romance à l'eau de Cologne Oui-Oui pour gamin à cartable, avec un zeste de "j'ai tellement eu la trouille de voir les cheveux de Cage que je me suis fait pipi dessus", on passe à un joyeux divertissement bien bâti, et tapissé d'une dose d'auto-dérision plus que salutaire. Donc, après deux pré-générique venant compliquer un chouilla une intrigue au demeurant fort simple, L'Apprenti Sorcier peut enfin déballer sa boite à malice. D'abord, la bonne idée de Turteltaub et des scénaristes, c'est d'adopter la technique fort utilisé par les amateurs de blague Carambar qui tâche, à savoir "l'auto-vanne", dont le porte parole est ici Dave Stutler. Incarné avec beaucoup de panache par un excellent Jay Baruchel, Dave ne fait que malmener le film en critiquant ouvertement les poncifs utilisés. Alors que l'on aurait tendance à vanner le film et ses ressorts "dramatiques", le personnage de Dave le fait sans aucun complexe, coupant ainsi l'herbe sous le pied du spectateur. Il n'hésite pas non à malmener son partenaire et mentor Balthazaar, incarné par un Nicolas Cage visiblement ravi de faire participer, une fois de plus, ses cheveux à ce nouveau défi capillaire. Tout cela dans le but, bien évidemment, d'égayer un scénario qui n'invente strictement rien.

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Quand est t-il du divertissement pur et dur ? Eh bien, comme il est de coutume de constater dans les travaux de notre ami Turteltaub, le film déroule consciencieusement ses péripéties sans jamais trop se fouler le pied. Abordons d'abord la séquence autour de laquelle ce projet est né : les balais. Flashback - en 1940, la jeune maison de production Disney sort Fantasia, dessin animé-musical composé de sept séquences animées. La plus connus de ses séquences est sans nul doute L'Apprenti Sorcier, chapitre mettant en scène un Mickey apprenti sorcier ensorcelant des balais afin de l'aider à porter des sceaux d'eau - Fin du Flashback. Du coup, Jon Turteltaub se doit de fourrer une séquence hommage dans son film. Et il le fait très bien, avec une touche d'humour bienvenue en plus. Mais, il faut bien l'avouer, cette séquence ne sert à pas grand chose, si ce n'est à faire une dédicace à cette bonne vieille époque ou la société Disney marchait plus avec de la matière grise qu'avec du dollar... snif ! Mais bon, c'est efficace et on va pas s'en plaindre. Tout comme le film dans sa globalité. Les séquences dites d'action s'enchainent avec beaucoup de fluidité, de rythme, et avec une certaine inventivité dans leur construction, en particulier cette excellente poursuite en voiture à travers deux dimensions différentes. Saluons également la splendide direction artistique du film, en particulier les décors (explosive fête dans un Chinatown d'une rare beauté), les costumes, ainsi que de la chatoyante photographie. Et ce n'est pas les effets-spéciaux, d'une excellente facture visuelle, qui va venir ternir ce magnifique tableau. On peut juste regretter le manque d'inspiration musicale de Trevor Rabin, ainsi qu'un final assez vite torché.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Car, si le scenario sent le réchauffé, le film est, quant à lui, réellement divertissant et visuellement séduisant.