Man_On_Fire

Genre : Action

Réalisateur : Tony Scott

Synopsis :

John Creasy, ancien agent de la CIA devenu alcoolique, est embauché par un couple vivant au Mexique, afin de garantir la sécurité de leur fille, Pita. Alors que Creasy reprend goût à la vie à son contact, Pita se fait enlever. Il se jure alors de retrouver les auteurs du rapt.

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Avis :

Tony Scott se lance dans le vigilante movie avec Man On Fire, ou Denzel Washington se la joue "angel vengador" d'une petite fille. Un film efficace et poignant.

Il est toujours difficile d'appréhender un vigilante movie. En effet, comment peut on justifier un excès de violence sans pour autant le pardonner ? Tony Scott choisit avec Man On Fire d'apporter un coté christique aux actes de John Creasy, comme pour les sublimer, mettant en avant une espèce de justice divine qui permet, en quelque sorte, de ratifier les multiples sanctions délivrées aux auteurs du rapt. Alors, on est d'abord assez mal à l'aise devant cette justification des actes (avec cette aura divine qui tourne autour des armes à feu, dédouanant presque l'homme qui est derrière celle ci), surtout que la mise en image adoptés par Scott métamorphose peu à peu John Creasy en Jesus Christ version Terminator (métaphore sur la main du Christ lors de sa crucifixion avec ce plan sur la main ensanglantée de Creasy). Mais Tony Scott ne cherche pas à excuser les actes de Creasy, ou à lui faire éviter une quelque conque sanction en plaçant les actes de son personnage au même dégrée que ceux des criminels qu'il punie. Du coup, si, de prime abord, le film semble acquis complètement à la cause de son héros, au fond, Tony Scott vient en nuancer le propos. Autre probléme de taille : le montage. Adepte de multiple excentricité tel que le jump-cut, qui déstructure les images, Tony Scott dresse ici les plans les uns contre les autres, superpose plusieurs image pour rendre compte visuellement de l'incandescence psychologique que subit Creasy. Des images brûlées, des effets de flou, des accélérations épileptiques assez rude mais qui offre aux spectateurs rompus et réceptifs à cet exercice de style une expérience sensitive très forte. De plus, Man On Fire se part d'un esthétique très BD lors des interrogatoires musclées de Creasy (répliques transcrite sur la pellicule avec grossissement de la police que l'un des protagonistes hausse la voix). Il n'est donc pas trés étonnant de voir Quentin Tarantino conseiller le film, son style visuel s'approchant de celui du film de Tony Scott.

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Mais le film s'avère également très rythmée, prenant son temps pour développer la psychologie de ses personnages. La première parti du film pose les bases du récit, avec, en ouverture, un générique qui présente l'actualité criminel du Mexique (avec toujours cette adoration pour les statistiques "un rapt toute les 16 sec."). Ensuite, vient la présentation de Creasy puis de la petite Pita. Le cinéaste prend son temps pour décrire ses personnages sans que cela ai la sensation d'être bâclé ou d'être du pur remplissage, avec des relations de fille/protecteur qui ne sentent pas la guimauve, même si la mécanique narrative est aussi originale qu'un Jambon Beurre. Puis, une fois passé la première heure, le chose sérieuse commence avec le rapt et tout l'abattage qui s'en suit. Un rythme infernal, sans que les séquences d'action ne soit hypertrophié par un sensationnalisme excessif, et avec des interrogatoires violents mais qui ne pousse pas le vice à montrer l'insoutenable. Tout cette frénésie ne  sert au final qu'à montrer à quel point Creasy tient à cette fille, et à qu'elle point celle ci est importante non pas uniquement pour lui, mais pour les gens qui l'entoure. Le final, très posé, vient d'ailleurs clore magnifique cette vendetta riche en sensation. Surtout que les acteurs sont vraiment excellent, en particulier Denzel Washington, qui impose une fois de plus son aura de mec sympa mais qui faut pas faire chier (rôle qu'il interprètera de façon similaire dans Le Livre d'Eli). Signalons également la fraicheur de Radha Mitchell, la gravité de l'excellent Giancarlo Giannini, et un Mickey Rourke parfait en avocat véreux. Le tout sur la musique toujours très subtile de Harry Gregson Williams.

Man On Fire est donc un vigilante movie très bien ficelé qui a un propos plus nuancé qu'il n'y parait. Un bon crue de la part de Tony Scott.