A_Bout_Portant

Genre : Action

Réalisateur : Fred Cavayé

Synopsis :

Samuel, futur infirmier, sauve un patient d'une tentative de meurtre. Profitant de cette occasion, les criminels kidnappent la femme de Samuel, lui ordonnant ainsi de faire sortir le patient de l'hôpital.

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Avis :

Après Pour Elle (qui fait actuellement au cinéma l'objet d'un remake par Paul Haggis), Fred Cavayé continue dans la veine du thriller d'action avec A Bout Portant.

Rare sont les films français tournés à 100 % vers l'action simple et sans arrière pensée. Soit on a un fond de réflexion sur la politique et le monde (Secret Défense), soit du blockbuster banlieue et putassier made in Besson (Taken, Banlieu 13). Fred Cavayé, lui, s'inscrit dans le sillon du nouveau polar à la française réaliste et efficace initié par Olivier Marchal. Ici donc, l'efficacité quasi hollywoodienne rejoins le sens du drame à la française (attachement authentique et sans excès à certaines, dont la famille), avec ce petit décorum sociale fin et qui n'impose pas une réflèxion particulière (mépris de la hiérarchie, rivalité envers le supérieur, les lois, et l'uniforme). Le grand atout cette nouvelle vague de polar, et plus particulièrement de ce film, c'est qu'il reste à hauteur d'homme. Jamais l'action n'est grandiose ou spectaculaire, elle est intime, la violence diffuse et la tension maintenu du début à la fin. Bien que le scénario ne fasse pas dans l'originalité la plus débridé (un homme ordinaire dans une situation "extra-ordinaire") et que certains mécanismes sont vieux comme le cinéma (l'honnête inspectrice de police contre l'inspecteur austère et bling-bling), le suspens reste omniprésent, la situation dans lequel se trouve notre Samuel devenant devenant de plus en plus inextricable. Comment vas t-il s'en sortir ? Comment tout cela vas t-il finir ? Deux questions qui hantent l'esprit du spectateur pendant les 1h25 de bobine.

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Niveau mise en scène et réalisation, Fred Cavayé se montre ici d'une maitrise et d'une force inattendue. Les poursuites présentent dans ce film n'ont rien à envier aux Américains tant celle ci se montre ingénieuses, surprenantes de panache et superbement relayé par la percutante composition de Klaus Badelt. On peut citer la poursuite d'ouverture, magnifiquement réalisé (une infernale descente d'escaliers), ou bien l'évasion de l'hôpital. Mais le climax du film, c'est cette monstrueuse et prodigieuse poursuite dans le métro parisien, qui rejoint haut la main le grand final de L'Impasse dans le métro aérien. Les films semblent d'ailleurs puiser dans quelques références du genre : la trilogie Jason Bourne (pour la musique, le rythme et cette sensation d'impasse) ou bien Les Chiens de Pailles (le manteau de Samuel, initiative de son interprète Gilles Lellouche). Un film qui emprunte beaucoup au cinéma Hollywoodien, hormis cette tendance à fourrer des twist de la mort (on sait pertinemment que Gerard Lanvin n'est pas la pour enfiler gentiment des perles). Les personnages et leurs motivations sont par ailleurs très réalistes, en particulier le personnage de Hugo Sartet, petit méchant que le réalisateur ne cherche pas à excusé le comportement, ou à lui donner un coté attendrissant. De beaux personnages sublimer par un glorieux casting, ou se détache un Gilles Lellouche exemplaire et un Roschdy Zem impérial.

A Bout Portant montre donc que le recyclage au cinéma à parfois du bon. En résultat un film certes classique, mais extrémement humain et d'une redoutable efficacité.