Unstoppable

Genre : Action

Réalisateur : Tony Scott

Synopsis :

Le mécanicien Franck Barnes et son jeune chef Will Colson font face à un train de marchandise à la dérive transportant des produits toxiques menaçant de se répandre sur la ville de Stanton.

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Avis :

Après un film tout ce qu'il y avait de plus commun, Tony Scott revient avec un projet que l'on croirait calqué sur le précèdent... mais en bien plus grisant.

Tendu du string, c'est l'expression qui vient à l'esprit après Unstoppable. Personne n'avait pu envisager que Tony Scott allait se pointer avec un film aussi couillu, aussi bourrin et en même temps très personnel. Lui qui, l'an passé, avait laissé ses fans sur le quai avec L'Attaque Du Metro 123 (thriller sympa mais assez peu spectaculaire), revient aujourd'hui avec un projet similaire (le train de marchandise remplaçant la rame de métro) mais autrement mieux troussé que sa précédente création. Unstoppable est bien plus qu'un blockbuster : c'est un film en forme de rédemption pour Tony Scott, qui fait ici ses adieux à ses tics de mise en scène devenus, depuis près de 10 ans, sa marque de fabrique (adieu effectué lors de l'excellent générique d'intro, ou le réveil des trains s'accordent avec celui d'un cinéaste perdu dans son style techno-clipesque). Adieu donc ralentis syncopés, accélérations épileptiques, et bienvenu à une réalisation sans fioritures ou seul subsiste son éternel écrasement de perspective et son montage percutant généreusement les images les unes aux autres (mais ne nuisant cependant jamais à la lisibilité de l'action). Cela fait donc plaisir de voir un réalisateur se préoccuper de l'opinion que ses fans ont sur son style, être prêt à faire des concession sans pour autant renié sa façon de concevoir son film.

Pour le reste, le film tient grassement ses promesses. Le métrage signe le retour à un schéma standard dans le domaine de l'action, notamment dans son duo principal (le vieux noir ironique et le jeune blanc fougueux), ne s'embourbant cependant jamais dans des psychologies de comptoir (gros point faible de son précèdent film) et décorant les relations du duo de quelques traits d'humour vivifiants. Mais ce n'est que du bonus pour Tony, qui se consacre ici entièrement à son train qu'il tente de rattraper avant que l'irréparable ne soit commis. Il film son train à la dérive comme si s'était un char d'assaut prêt à tout faire péter, ou la puissance et la vitesse de l'engin est magnifiquement retranscrite par des cadrages et des mouvements de cameras judicieux. Du coup, le spectateur est pris dans cette course infernale, se cramponnant solidement à l'accoudoir de son siège, suant comme un porc pendant les 96 minutes que compte le film. Toute la fougue et le plaisir de réaliser de Tony Scott remonte alors à la surface, concoctant ainsi des séquences mortelles qu'il serait trop cruel de décrire tellement celles ci ne demandent qu'a être appréciées sur grand écran. Un rythme effréné assisté par des acteurs crédibles (en particulier Rosario Dawson en chef d'aiguillage au caractère bien trempé), une magnifique photographie et par une bande son tout ce qu'il y a de plus musclée.

Tony Scott réalise donc l'exploit de rattraper son sympathique Attaque Du Metro 123 avec ce suspens insoutenable magnifiquement réalisé et bien interprété. Une belle surprise et un sacrée morceaux d'action en perspective.