Buried

Genre : Thriller

Réalisateur : Rodrigo Cortés

Synopsis :

Paul Conroy, routier parti en Irak, se réveille ligoté dans un cercueil, avec comme seul outil un téléphone et un briquet.

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Avis :

Succès surprise de cette année grâce à de multiples récompenses, Buried, suspens réalisé par un inconnu, est un film à l'image de Panic Room... mais en mieux !

Résumer Buried uniquement à un exercice de style est insultant pour le travail de mise en scène de Rodrigo Cortés. Le réalisateur parvient à transcender le film à concept ou l'on voit juste un suspens avec une succession d'évènements. Cortés créer un lien tenue mais présent avec l'extérieur alors que l'on ne quitte jamais (et je dis bien "jamais") le cercueil. Rien, pas un seul autre acteur, pas une seul prise de vue extérieur ne vient distraire le spectateur du calvaire de Paul Conroy, routier pour une agence "humanitaire" est qui se retrouve enfermé dans un cercueil. Pourtant donc, le film peint une sacrée vision du monde et du conflit Etats-Unis / Irak. Sans jamais prendre parti, apportant une vision contrasté des motivations des "terroristes du dimanche", montrant du doigt les pratiques immorales de certaines entreprises ainsi que les procédures tortueuses qui gangrène des institutions vidé de toute compréhension humaine, le film est noir, très noir. Mais, comme dans le film, le récit est ponctué que quelques éclaircis, des lueurs d'espoirs indispensable pour le spectateur pour reprendre un peu d'air. La mise en scène est d'ailleurs magnifique : la boite se fissure, laissant ainsi le sable ensevelir Paul alors que, parallèlement, le monde extérieur enterrant lui aussi de plus en plus notre victime.

Ce qui élève ce film au rang de "révolution cinématographique", ces sa gestion de l'espace. Rien à voir avec tout ce que l'on a pu voir dans le genre du huis-clos. Laissé tombé les transgression numérique des limites physique de Panic Room : ici, tout est artisanal, tout est simple et pourtant, la réalisation brille d'inventivité. Tantôt collé au nez de l'acteur, tantôt s'élevant sans fin au dessus du héros (avec toujours cet esprit de "spirale sans fin"), la camera sait jouer avec l'espace pourtant réduit. Pourtant, bien que les mouvements de camera demeure fluide voir aérienne, la sensation d'enfermement se fait sentir au plus haut point. Claustrophobie, s'abstenir : on est témoin de la détresse immense du personnage (magistralement interprété par un Ryan Reinolds enfin utilisé à sa juste valeur) sans rien pouvoir faire, on est enfermé et on ne peut pas sortir de cette boite (formidable mise en abime de la salle de cinéma). Un suspens implacable qui revendique haut et fort ses filiations avec le maitre Hitchock par son aspect formelle (l'imposant générique à la manière de Saul Bass) et par son exploitation de la psychologie (la frontières tenu entre maitrise totale des émotions et explosions incontrôlables symbolisé par ce cercueil enterré juste à la surface de la terre). Une tension maintenue de façon constante durant les 90 minutes que compte le métrage.

Buried est donc une énorme surprise. Le film de Rodrigo Cortés transcende son pitch de départ pour délivrer des point de vues sur le monde qui son mis en avant par une direction d'acteur dantesque et une mise en scène impeccable.