Prejudice

Genre : Drame

Réalisateur : Steve Zaillian

Synopsis :

Jan Schlichtman, avocat orgeuilleux, participe à une émission radiophonique ou il reçoit l'appelle d'une mère qui lui reproche d'avoir négligé sa plainte concernant la pollution de l'eau courante par deux industries. Il se charge alors de prendre l'affaire et de la défendre devant les tribunaux.

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Avis :

Deuxième film de Steve Zaillan en tant que réalisateur, il nous concocte avec Préjudice un thriller judiciaire bien huilé mais peu original.

Préjudice compulse tous les ingrédients que vénèrent le public Américain, public qui, on le sait, adore les films de prétoires pur jus, peuplés d' "objections", de "défenses", de "témoins", d' "assignations", de "preuves irréfutables". Le film de Zaillian délivre largement la marchandise niveau procédure, avec un florilège de séquences de procès et d'enregistrement de témoignages. Zaillan sait créer du rythme avec très peu de chose grâce à une réalisation et un montage très étudiés qui contraste avec la dureté du sujet, mais également par des rebondissements servis toujours au bon moment pour garder en éveille l'esprit du spectateur. Ce film, c'est aussi un peu l'embryon de ce que sera l'Erin Brockovich de Steven Soderbergh. En effet, Zaillan se base sur une affaire de pollution des eaux qui aurait rendu malade la population d'un petit village prés de Boston. En conséquence, les victimes portent plainte contre deux industries qui auraient contaminé l'eau : une vieille tannerie et une usine de produit chimique. Le réalisateur en tire alors un récit dramatique larmoyant sans pour autant que le spectateur soit profondément émue (bien que l'on se mettent facilement à la place de ses familles de victimes), mais qui se révèle parfois pertinent lorsqu'il aborde le compromis d'une ancienne tannerie entre sauvegarde économique d'une vieille industrie et de sa main d'œuvre et respect de l'environnement.

Les personnages sont aussi là pour donner de l'épaisseur au récit. Jan Schlichtmann, l'avocat de la défense qu'interprète magistralement John Travolta, passe d'un avocat absolument détestable, orgueilleux, qui ne raisonne que par l'argent et les arrangements amiables, à un représentant convaincu de la voix populaire. La séquence d'ouverture, ou Jan énumère les valeurs pécuniaires de différents types de population est le parfait exemple de la cupidité du personnage. Les témoignages s'accumulant, il devient sensible et prend en compte l'aspect humain de son job, quitte à vendre sa baraque, sa Porsche, ses meubles pour continuer son combat. A ses cotés, des associés qui le suivent sans pour autant valider la démarche de leur collègue. Ce personnage devient alors attachant même si on doute parfois de sa sincérité (ne fait t-il pas tout cela pour l'argent ? pour la gloire ?). Heureusement, l'épilogue met fin à ce doute concernant la pureté de ses intentions. Le personnage de Robert Duvall est aussi très intéressant, incarnant l'âme du barreau avec ses cours d'éloquence qui respire le vécu, lui octroyant un coté calculateur qui lui colle parfaitement à la peau. Cela donne d'ailleurs lieu à des affrontements assez drôles. Un point négatif cependant : le film, bien que correctement réalisé et interprété, il manque franchement d'intensité pour que l'on se plonge corps et âme dans le récit.

Prejudice est donc un film de prétoire bien huilé qui délivre parfaitement la marchandise, et ce malgré un récit qui n'est pas franchement original et manquant d'intensité.