The_Killing_Room

Genre : Thriller

Réalisateur : Jonathan Liebesman

Synopsis :

Quatre personne sont emmenés dans une salle afin de participer à une expérience.

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Avis :

Jonathan Liebesman, qui s'est illustré avec la préquelle de Massacre A La Tronçonneuse, revient avec un film beaucoup plus soft mais bien plus déroutant.

Le mois dernier, s'était No Limit qui est apparu comme une bombe sur les étagères des vidéo-clubs. Aujourd'hui, c'est The Killing Room qui emménage, avec une force tout aussi dévastatrice mais peut être un poil moins fin que son prédécesseur. Mais qu'importe puisque avec ce film, ce bourrin de Liebesman prouve qu'il peut faire bien autre chose que mettre en scène un découpeur de guibole. Optant pour une réalisation à l'arraché, style documentaire avec recadrage à la volé, le réalisateur se donne comme consigne de donner du crédit à son récit. Et pour cause : c'est une histoire vraie d'une section de recherche parallèle au sein de la CIA (comme le prouve l'habituel carton introductif). Bien évidemment, l'histoire qui va suivre cette introduction n'est que pur fiction, une hypothétique prolongation de de ce mystérieux programme jadis dissout par JFK. Mais nous voila pris dans le système du "Wouah c'est vrai", et à la charge de Liebesman de nous persuader que cela peut exister. Au début, on tente de prendre nos marques, un peu comme ces prisonniers volontaires : on étudie la jeune agent afin de savoir ce qu'elle à derrière la cervelle, on s'interroge sur le but véritable de ce test. Puis viens alors le coup d'envoi (au sens propre comme au figuré) du huis clos.

A ce moment précis, l'esprit du spectateur est en ébullition, bien aidé par un développement mystérieux des protagonistes. Lequel des cobayes est dans le coup ? Qui va s'en sortir vivant ? Comment déjouer les éliminations qui pèsent sur eux ? On se croirait alors dans un Agatha Christie doublé d'un Cube. Puis alors on se demande qui est vraiment surveillé : la résistance des interrogés ? ou bien les aptitudes d'analyse de la stagiaire ? Car l'histoire tourne autour de la surveillance : tous le monde se surveille, tous le monde tente d'échapper à la surveillance de l'autre. Un suspens qui nous tient magnifiquement en haleine jusqu'au final qui vous soufflera et vous tétanisera, dévoilant encore un peu plus le caractère sans pitié des États-Unis, tout en donnant du sens aux expériences entreprisent par le fameux professeur. La mise en scène est, par ailleurs, vraiment aboutit, notamment dans le choix de certains décors (le mur de la salle de surveillance ou y est dessiné les vestiges du World Trade Center), et également des acteurs, en particulier Chloe Sevigny qui joue magnifiquement sur l'ambiguïté de son personnage, à la fois spectatrice et actrice, tour à tour scandalisé par les méthodes employés et déterminé à participé à l'expérience. S'ajoute enfin la musique éthérée et froide de Brian Tyler, qui couvre ce film d'un mystérieux voile.

The Killing Room est donc un excellent thriller qui propose à la fois de divertir, de surprendre et d'interpeller son spectateur. Une très bonne surprise