LE_VOYEUR

Genre : Thriller

Réalisateur : Michael Powell

Synopsis :

Mark Lewis, un homme extrémement renfermé réve de devenir un grand réalisateur. En attendant, il fait des photo de charme pour un commerçant et fait le pointeur sur les plateaux de cinéma. Mais parallèlement, il tourne quelques films amateurs ou il met en scène ses propres meurtres.

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Avis :

Une découverte totale que ce film assez peu connu. Le Voyeur réalisé par Michael Powell, marche sur les traces d'un certains Hitchcock.

Le pitch fait déjà penser à Psychose : un homme extrémement renfermé a pour hobby tuer des filles afin de filmer leur peur. Le réalisateur explore les méandres de son personnage, assailli par l'abominable souvenir de son père scientifique ainsi que par cette délicieuse voisine qui lui fait du pied. Le thriller s'enclenche, faisant entrer le spectateur dans le parcours psychotique de ce Anthony Perkins dont il en reprend tous les gestes (maladresse envers la gente féminine, impuissance sexuelle dissimulé, l'air emprunté) et dont il reprend la même référence psychologique (enfance malmené) mais cette fois ci de façon plus immédiate. Une référence un peu plus appuyé avec le trépied surmonté d'une lame tranchante symbolisant le phalus. Malgré tout, le film possède son atmosphère propre. D'abord, l'identité du meurtrier n'est pas un mystére en soi, le réalisateur se fixant plus sur le comment puis le pourquoi de l'affaire. Ensuite, sans être effroyable, le film distille un climat d'angoisse et de suspens qui s'accentue au fil du métrage, à travers notamment des séquences de mise à mort qui n'ont rien à envier au maitre du suspens, Michael Powell étirant certaines séquences de façon très efficace (le meurtre d'une figurante est le clou du film). Le fait aussi de placer cette intrigue dans le milieu du cinéma permet également au réalisateur d'avoir un regard critique sur son métier (le réalisateur a de pervers que son désir maladif de crédibilité). Il se révèle même extrêmement pointu sur le mécanisme psychique du serial-killer avec la notion de mode opératoire et de verrou (il ne tue pas si sa victime n'a pas peur).

Mais le film prend un tournant extrémement important au 3/4 du métrage. On a d'abord l'apparition de la mère aveugle de la voisine, qui donne un vrai coup de pied au film, le récit atteignant ainsi un degré d'étrangeté et d'angoisse extréme (on se demande même si elle n'est pas également une tueuse en série). Un ajout qui viens ensuite faire écho au final, qui pousse le malaise à son paroxysme avec cette relation totalement malsaine qui noue désormais Mark à sa voisine Helen. Le point de vue clinique adopté concernant le comportement troublant de Mark Lewis permet également de critiquer l'inefficacité de la psychiatrie, enrichissant un peu plus une narration déjà bien consistante. Cette richesse compense donc aisément la bêtise des dialogues (une débilité accentué par l'horrible doublage français) et des acteurs, parfois assez peu crédibles, hormis Carl Boehm, qui inspire parfaitement la crainte et l'effroi, ainsi que Maxine Audley, extrêmement inquiétante de le rôle de la mère aveugle alcoolique. Enfin, le rythme soutenu, la réalisation très étudié ainsi que l' inquiétante musique insuffle au film une certaine efficacité.

Le Voyeur est donc un thriller assez méconnu mais qui mérite d'être découvert pour la richesse de son histoire et pour le talent déployé par son acteur principal.