Fahrenheit_451

Genre : Anticipation

Réalisateur : François Truffaut

Synopsis :

Dans une société ou lire est proscrit, Montag, pompier chargé de brûler les livres, prend connaissance de ses actes aux contacte de Clarisse, une jeune institutrice recalée.

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Avis :

François Truffaut s'expatrie en 1966 vers l'Angleterre pour donner naissance à l'un des classiques du cinéma d'anticipation : Fahrenheit 451.

Le film nous plonge progressivement dans cette société, mi communiste (un société égalitaire, la notion "d'opium du peuple" apposé cette fois sur les livres, idéologie Stakhanoviste), mi fasciste ( la pratique des autodafés, la brigade des pompiers qui ressemble à une Gestapo, valorisation de la collaboration), ou la culture de l'image supplante celle de l'écrit (les murs d'écran envahissant les foyers, les bd sans bulles, les antennes comme indicateur de développement humain) et ou toutes les institutions sont détournés de leurs buts originels (les pompier deviennent des pyromanes, les docteurs des commerciaux, les instituteurs des robots). C'est aussi et surtout la culture du futur et non du passé, jugé comme étant source de tristesse et de chagrins, alimenté principalement par les romans (il y a un peu de nous dans chaque roman) et par les intellectuelles (qui parle mais qui n'agisse pas). Une peinture vraisemblable et surtout affreusement réaliste d'un autre monde qui semble marché à l'envers. Surgit alors Montag, pompier classique qui devient de plus en plus obnubilé par les livres qu'il brule au point de les lire et de les dissimuler chez lui. C'est avant tout ce personnage, ainsi que celui de Clarisse qui permet au spectateur de s'introduire dans le récit et de guider sa lecture.

Car le début peu laisser perplexe. Ce n'est pas tant par le récit que par la façon dont il est mis en scène qui déstabilise le spectateur. Montage abrupte, traduisant l'esprit mécanique de cette société, nous larguant en plein milieu d'une fouille sans bien comprendre ce qui ce passe. C'est peut-être aussi par là que le film va commencer à nous immiscer dans ce monde incompréhensible, profondément désordonné alors qu'elle hisse aux yeux de tous une peinture plutôt positive et ordonné de cette nouvelle orientation politique et sociale. Ce n'est qu'une fois le personnage principal cerné que l'on va pleinement s'imiser dans l'univers si particulier de Fahrenheit 451. Le film marche alors de façon impeccable, le rythme adopté est excellent, avec son lot de séquences fortes, à l'instar de l'autodafé chez la grosse institutrice. On suit aussi avec beaucoup d'intérêt la trajectoire de Montag (excellent Oskar Werner) et de Clarisse (épatante Julie Christie, qui interprète également la femme de Montag), couple de fortune (l'un trouvant la femme ouverte et optimiste qu'il n'a jamais eu, l'autre un allié de poids et un homme de confiance). Le film se déroule sur un ton sérieux pour, tout d'un coup, lors des dix dernières minutes de métrage, basculer vers la comédie avec les hommes-livres, ou Truffaut érige comme modèle l'art de vivre paysan (conte oral, petite communauté ou chacun à un rôle bien défini). Une rupture de ton audacieuse qui peut en déstabiliser plus d'un.

Farenheit 451 est donc un classique du cinéma d'anticipation, qui brille avant tout par cette magnifique peinture d'une société totalement rigide.