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Genre : Horreur

Réalisateur : Alexandre Aja

Synopsis :

A Lake Victoria, une secousse sismique créer une faille duquel s'échappe une horde de piranhas assoiffé de sang.


Après nous avoir déçue avec Mirrors, Piranha 3D ré-ouvre grand les portes de la Boucherie Aja/Levasseur pour un trip assumé jusqu'au bout de la pellicule.

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La 3D dans Piranha : une vitrine à nibards

Derrière ce titre un peu cru, se cache la réalité du nouveau film de Aja : ça 3D marche du tonnerre pour tout ce qui est jolie carrosserie. Une technologie qui a su faire briller les yeux (Avatar) puis gerber notre pauvre porte-monnaie (Alice), qui devient aujourd'hui aux yeux de tous un pur produit de foire. Ce statut de technologie de curiosité ne va pas foncièrement ce métamorphosé avec Piranha, compte tenu du terrain sur lequel navigue le film. Mais au moins, notre porte-monnaie est rentabilisé par l'utilisation qui en est faite. Les mouvements sismiques des lolo des filles en bikini convainc autant les yeux (on à parfois l'impression d'avoir le nez dans le décolleté) que le désir sexuel. Le pari du pur plaisir est donc gagné par Aja, qui s'est volontairement roulé dans l'étalage de bonnes chairs. Un étalage qui passe inévitablement par la case "charcuterie" avec des attaques éclaires que la 3D magnifie avec une certaine efficacité. Pour le reste (à savoir paysages et et autre scènes dialogués), rien de décisif, c'est même assez plat.

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Un spectacle qui mise plus sur la forme que sur le fond

Ce Piranha, c'est un peu comme L'Armée des Morts de Zack Snyder : il n'y a rien de profond mais le divertissement est de qualité. C'est ce qui se passe donc brillamment ici avec notre Aja, qui à respecter une ligne de conduite plus qu'honorable. Les dialogues et les thèmes n'ont évidemment rien d'intéressants, il n'y a pas une once de politique ou de jugement moral. C'est donc calme plat de ce coté. Pourtant, la réussite est total et ce grâce à un savant dosage de la part du réalisateur. D'une part, les dialogues sont simples mais pas bâclés, pas nunuches, et sont très souvent savoureux. Ensuite, le portrait grossier d'une jeunesse totalement "over the edge" suffit pour cerner la mentalité d'une génération. Enfin, tout cela passe après le divertissement pur. Et la, Aja met la gomme puisque la boucherie est totale : étripage, démembrement, émasculation, j'en passe et des meilleurs. Le massacre est assuré avec beaucoup de professionnalisme par le metteur en scène, nous gratifiant donc d'un spectacle sanglant (300 000 litres de faux sang ont été utilisés pour le film) qui ravira tous les amoureux de l'horreur grossier.

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Des acteurs clins-d'œil

La cerise sur le gâteau (déjà bien chargé) : des acteurs impeccables. Aja utilise ici avec beaucoup de respect les anciennes gloires des eighties : Richard Dreyfuss reprend ici la canne à pêche pour un rôle ou il paye son tribut à la nature, Christopher Lloyd nous gratifie ici d'une jolie réplique en référence à Retour Vers Le Futur, et la délicieuse Elisabeth Shue revient également pour un rôle de femme à poigne. A l'inverse, on a des contre-emploies excellents (Jerry O'Connell en réalisateur de film porno est hilarant) et des rôles taillés sur mesure pour des seconds couteaux indispensables (Vingh Rhames en flic bourrin, Eli Roth en animateur de concours de tee-shirt mouillé), venant ainsi égayer le paysage. Enfin, les têtes d'affiches, connues (Adam Scott en géologue) ou pas (le très convaincant Steven R. McQueen) assurent le spectacle avec beaucoup d'entrain. Une belle brochette d'acteur qui marche à fond dans le délire du film, apportant par la même occasion du charisme à leurs personnages. L'hommage va même au delà des personnage puisque la mécanique de départ n'est pas sans rappeler celle présente dans Les Dents De La Mer (la shérif décidant de fermer de suite le lac suite à la découverte d'un cadavre, mais cette fermeture risque de saboter ce week-end de folie et donc de saborder l'économie de la ville).

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Pourquoi donc Piranha 3D est il un monument ? Parce que c'est un film couillu, divertissant, qui va à fond dans ses intentions qui est de proposer une savoureuse série B. Pari gagné pour Aja.