Informers

Genre : Drame

Réalisateur : Gregor Jordan

Synopsis :

Le chassé croisé à Los Angeles d'un kidnappeur, d'un fils à papa, d'un producteur et de sa femme, ainsi que d'une star du rock au début des années 80.

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Avis :

Une fois de plus, Bret Easton Ellis fait des siennes avec cette adaptation d'une de ses œuvres. Une sortie direct to video pour ce film bancale mais pas dénué de charme.

Le cheval de bataille de Bret Easton Ellis, c'est de montrer une génération perdue, à l'existence totalement vide de sens. Ce film en est la preuve formelle puisque tous les personnages èrent à travers le temps sans vraiment savoir ce qu'il veulent faire de leur vie, sans avoir l'envie de lui donner une utilité, un sens. Un fils qui ne vit que pour le sexe et la drogue, une rock star qui ne vit que pour l'alcool, un malfrat qui ne vit que pour l'argent, un producteur qui ne sait pas quoi faire de sa vie amoureuse. Durant les 90 minutes de film, on voit ces personnages naviguer à travers des situations sans causes mais aussi sans conséquences. Du coup, on a beaucoup de mal à distinguer une continuité scènaristique dans ce film choral (contrairement à Collision ou Magnolia ou les rencontres influent sur l'existence des différents protagonistes). Car, outre le faite de montrer la fin de vies consommées sans modération et la chute des cadres sociaux classiques (famille unie, qui représente ce qui est juste ce qui est bien), le récit ne délivre aucune finalité, aucune évolution sur les vies misent en jeu dans ce film pourtant passionnant à de nombreuses reprises. Seul l'ultime séquence, entre Graham et Christie, amène une certaine réflexion et un point de fuite au film. Un choix artistique peut-être assumé, peut-être due à la structure du livre dont il est l'adaptation (restant dans l'esprit de son auteur à savoir que les hommes vivent en vase clos), mais qui peut laisser le spectateur sur la paille.

Pourtant, le film est très aboutit sur le plan technique et scénique. La réalisation est excellente, très ample et aérienne, accouchant parfois de plans tout simplement somptueux. La mise en scène suit cette rigueur esthétique, notamment pour la brillante reconstitution visuelle (coiffure, décors, costume), factuelle (reportage sur le SIDA, allusion à Sharon Tate) et sonore (musique, chanson) des années 80. Les acteurs sont également parfait : le visage d'ange de Jon Foster, la sublime sensualité d'Amber Heard, la puissance émotionel de Kim Basinger et du regretté Brad Renfro, le charisme de Billy Bob Thronton et Michey Rourke. Tous les acteurs sont excellents et donne corps au film et à leurs personnages. De ce mélange se dégage une extrême sensualité, une atmosphère enivrant indéniable qui vous cloue au siège et qui est heureusement présente pour happer l'attention du spectateur. Sans cela, le film aurait été irregardable (à l'instar de Southland Tales).

Informers est donc un film au scénario étrange et parfois vain, mais dont l'éblouissante facture technique suffit pour ne pas dégouter le spectateur et de l'amener peut-être à reconsidérer le film.