Event_Horizon

Genre : Horreur

Réalisateur : Paul W.S. Anderson

Synopsis :

Le professeur Weir supervise une mission de recherche à proximité de Neptune afin de ramener l'Event Horizon, un vaisseaux disparu sept ans auparavant.

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Avis :

Event Horizon est le seul film à retenir de la filmographie de Paul W.S Anderson. Il réalise ici un film d'horreur bien loin des aseptisés Resident Evil et AVP.

Ce film est avant tout un film d'horreur à la mécanique de base extrémement classique. Une équipe (une petite dizaine de personnages, histoire d'avoir un charcutière en règle tout en se réservant un nombre de rescapé convenable) est envoyé pour une mission dont ils ne connaissent pas le but. Ce n'est qu'arrivé prés de leur point de rendez-vous que le professeur Weir, le seul outsider de l'équipage, dévoile la teneur de la mission : récupérer un vaisseau capable de traverser l'espace temps. Les membres d'équipage ne sont pas content mais, comme il sont déjà sur place, il vont quand même se donner la peine de fouiller l'engin (après avoir écouter une bien jolie cassette de bord ou l'on entends des gens qui hurlent comme des truies et qui baragouinent des machins en latin). Bien évidemment, rien ne se passe comme prévue : l'équipe de huit personnes se divise en deux groupe, qui se subdivise par la suite en deux autres groupes, pour finir avec une petite poignée de troufions. Le tout saucé au ketchup, histoire de donner la nausée au spectateur, parsemé de sursaut bien calibré et fermé par un combat final explosif venant malheureusement casser l'atmosphère du film.

Une atmosphère étonnamment bien travaillé par ce réalisateur qui se révèlera être un pied en la matière. Tout d'abord le film sait vous nouer le tube digestif avec des bruits, des images assez renversantes (la vidéo "nettoyé" du livre de bord de l'Event Horizon glace le sang) et très sanglantes (tout en restant acceptable dans le domaine). Les décors distillent également sa dose de frisson et d'angoisse. Un coté gothique industriel froid et sombre qui instaure un sentiment d'inhospitalier de plus en plus pesant, avec ses voutes et ses vitraux tout droit sortit d'une église plongé dans un contexte diabolique. Une recherche qui trouve son apogée dans le look du réacteur (avec ce long tunnel en hachoir qui fout la chair de poule), temple de l'inconscience de la science, éveillant par la même occasion les failles de l'être humains. Car ce qu'exploite subtilement le film, c'est la science dans ce qu'elle à de plus dangereuse via le personnage principal du docteur Weir. Ce professeur semble dés le début possédé par sa création, mais cela ne semble pas altérer son comportement. Mais une fois à bord du vaisseau, il devient alors un ersatz du docteur Frankenstein, excusant alors tout les maux de son vaisseaux, jusqu'à en devenir le bras droit. Le progrès scientifique n'apporte donc rien si ce n'est de plonger les hommes dans le chaos, les précipitant dans un enfer quotidien. Une complexité et une originalité porté par la magnifique prestation de Sam Neil, incarnant à la perfection le scientifique torturé. Face à lui, Laurence Fishburne et sa clique s'en sort très bien.

Event Horizon est imparfait mais il demeure très au dessus de la production habituelle grâce à son personnage principal et le traitement qui lui est réservé. Un très bon film d'horreur.